Denis Olivennes

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Denis Olivennes :
l’homme des réseaux

Denis Olivennes est né le 18 octobre 1960 à Paris. Il est le fils d’Armand Olivennes, poète et psychiatre, et d’une mère psychanalyste ; le frère cadet de François Olivennes, gynécologue obstétricien jouissant d’une certaine réputation. Depuis 2008, il est le compagnon de l’ancien mannequin Inès de la Fressange (« Nous nous sommes rencontrés en février 2008 à Méribel, où il était venu skier avec ses trois fils », Inès de la Fressange, Paris-Match, « Inès de la Fressange, la vie devant soi », 20 octobre 2009, cité par Benjamin Dormann, Ils ont acheté la presse, Jean Picollec éditeur, 2012).

Formation

Denis Olivennes a effectué sa scolarité au lycée Henri IV avant d’intégrer l’École Normale Supérieure (ENS) de Saint-Cloud en 1980, de passer une agrégation de lettres modernes et une autre de science économique et sociale, puis d’intégrer l’IEP et enfin l’ENA, d’où il sort « dans la botte ». Il intègre ensuite la Cour des comptes (promotion Montaigne, 1988, d’où est également sorti Nicolas Baverez, avec qui il écrira un livre six ans plus tard).

Parcours professionnel

Denis Olivennes commence sa carrière en tant qu’auditeur à la Cour des comptes. Doté d’une sensibilité de gauche, ce haut fonctionnaire est d’emblée très proche du pouvoir socialiste. Il écrit des discours pour Laurent Fabius dès la fin des années 1980 et devient, en 1992, le conseiller de Pierre Bérégovoy, ministre des Finances puis Premier ministre, tout en restant « fabiusien de cœur » (Rue89.com, 30 novembre 2010).

En 1993, il rejoint le groupe Air France dont il deviendra directeur général adjoint. Cinq ans plus tard, il quitte la compagnie aérienne pour NC Numéricable, principal câblo-opérateur de télévision et fournisseur d’accès à Internet par câble dont il devient président-directeur général (1997-2000).

Après un passage à Canal++ (2000-2002) où il occupe le poste de directeur général, il rejoint le groupe « Pinault Printemps Redoute » (PPR) en 2002 et devient le directeur général de la distribution du groupe. En 2003, il est nommé président-directeur général de la FNAC qui appartient à PPR.

En mars 2008, il quitte la FNAC pour rejoindre Le Nouvel Observateur où il se retrouve directeur-général délégué et directeur de la publication. En novembre 2008, sans prévenir la rédaction, il réalise une interview du chef de l’État Nicolas Sarkozy. La Société des rédacteurs du Nouvel Observateur publie alors un communiqué dans lequel elle « s’élève vigoureusement contre les conditions dans lesquelles a été réalisée l’interview de Nicolas Sarkozy », un entretien réalisé « sans consultation des rédacteurs en chef et des journalistes dont la compétence aurait pourtant été bien utile ». « Cet épisode a confirmé l’existence d’un fossé qui se creuse entre la rédaction et le président du directoire », concluent les rédacteurs du communiqué.

En janvier 2011, Denis Olivennes quitte Le Nouvel Observateur et devient, à la place d’Alexandre Bompard (qui s’en va diriger… la FNAC), directeur du « pôle Information » du groupe Lagardère, et directeur de la radio Europe 1. Il est également « responsable opérationnel », c’est-à-dire patron de fait, de Paris Match, du Journal du Dimanche et de Newsweb, le pôle Internet du groupe Lagardère. Il a obtenu de dépendre directement d’Arnaud Lagardère, et non du numéro 2 du groupe, Didier Quillot, si bien que la presse le qualifie de « numéro 2 bis ». Certains « amis » révèlent par la bande ses éventuelles ambitions : « Avec cette nomination, le groupe Lagardère semble se préparer de plus en plus à une éventuelle victoire de DSK en 2012 (…) Est-ce Ramzy Khiroun, proche conseiller du directeur du FMI et homme de confiance d’Arnaud Lagardère, qui prépare le terrain ? » (Rue89.com, 30 novembre 2010)

En novembre 2011, il est nommé président du directoire de « Lagardère Active » où il succède à Didier Quillot, qu’il évince. Il a pour mission de consolider les éditions numériques des titres de Lagardère, notamment Le Journal du Dimanche, Paris Match, Psychologies, Télé 7 jours, Elle, Public. En tant que président du directoire, il devient membre de fait du Comité Lagardère Media et de Lagardère SCA, la holding du groupe.

Denis Olivennes a été promu officier de la Légion d’honneur en juillet 2008, sur le contingent de François Fillon, premier ministre.

Parcours militant

« À 15 ans, il était proche de la LCR, dans ce qu’on appelle les comités rouges. Il adorait se bagarrer contre les types de l’extrême droite » (Henri Weber).

À la fin des années 80, il devient une des plumes de Laurent Fabius dont il restera proche jusqu’au référendum sur la constitution européenne de 2005. Fabius étant pour le non et Olivennes pour le oui, les deux hommes s’éloignent.

Publications

  • L’impôt du diable. Le naufrage de la fiscalité française (sous la direction de Dominique de la Martinière), Calmann-Lévy, 1990.
  • L’impuissance publique (avec Nicolas Baverez), Calmann-Lévy, 1994.
  • La gratuité, c’est le vol : quand le piratage tue la culture, Grasset et Fasquelle, 2007.

Collaborations

Le 23 novembre 2007, Denis Olivennes, alors président-directeur général de la FNAC, rend à Christine Albanel, ministre de la Culture, un rapport intitulé « Le développement et la protection des œuvres culturelles sur les nouveaux réseaux ». Appelé couramment « rapport Olivennes », il est à l’origine de la loi Hadopi, votée deux ans plus tard et visant à mettre un terme aux partages de fichiers ne respectant pas les droits d’auteur. L’association de consommateurs UFC-Que-Choisir a dénoncé la « surenchère répressive » du rapport.

Ce qu’il gagne

Lorsqu’il quitte Canal++ en 2002, deux ans et demi après y être entré, Denis Olivennes obtient une indemnité de départ 3,2 millions d’euros (indemnité qui sera ultérieurement contestée par la chaîne). Interrogé sur France 2, en janvier 2009, il déclare que cette somme correspond à deux ans et demi de salaire. Son salaire annuel était donc de 1 300 000 euros. Soit la bagatelle de… 108 333 euros par mois.

Quelques mois plus tard, il rejoint le groupe PPR et gagne 940 000 euros en 2003, 1 110 000 euros en 2004, 1 290 000 euros en 2005, « sans compter une participation au régime supplémentaire de retraite, plus des stock-options, plus l’octroi d’actions gratuites » (Benjamin Dormann, op. cit. p.95). « Au moment de son départ pour Le Nouvel Observateur, ses revenus annuels, tout confondu, excèdent 1 500 000 euros » (ibid.).

À peine arrivé au Nouvel Observateur, il annonce qu’il divise son nouveau salaire « par cinq ou six », par rapport à l’ancien (de 1 500 000 à 200 000 euros annuels). Mais ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il devient également, en même temps que directeur de l’hebdomadaire, président du directoire de la société industrielle SFA appartenant à Claude Perdriel, si bien qu’il bénéficie d’un second revenu, d’environ 100 000 euros annuels. À sa nomination à la direction du Nouvel Observateur, il acquiert en outre 5% du capital de la société SFA « grâce à un crédit vendeur consenti à un taux d’intérêt inférieur à la fois au taux d’inflation et au taux d’intérêt légal de l’année » (Benjamin Dormann, op. cit. p. 102) plus la jouissance de 4% des parts de Perdriel qui n’en garde que la nue-propriété. Benjamin Dormann a ainsi calculé qu’en 2008, son revenu était de 300 000 euros (salaire de patron du Nouvel Obs + salaire de patron de SFA) + 650 000 euros de dividendes des 5% d’actions SFA + 520 000 euros d’usufruit des 4% de parts SFA = 1 470 000 euros par an… Denis Olivennes affirmait, quant à lui, qu’il ne touchait « que » 200 000 euros annuels.

Il l’a dit

« Internet : allez regarder les commentaires quand c’est pas contrôlé, quand c’est pas géré, quand la parole est libre, j’ai dit un jour […] c’est le tout-à-l’égout de la démocratie […] », Intervention à l’université d’été du Medef, 4 septembre 2009 (cité par Benjamin Dormann, op.cit. p.48).

« Les cinq ans qui viennent de s’écouler ont donc été ceux de la reconfiguration du groupe. J’ai désormais en charge un groupe média qui dispose de titres puissants sur des segments forts : le féminin, le parental, les news. Maintenant, cap sur l’innovation au service de la croissance », 7 novembre 2011, à l’occasion de sa nomination comme président du directoire de Lagardère Active.

« Contrairement à tout ce que l’on a entendu […] et même si cette thèse est populaire dans le désarroi général de la gauche, je ne crois pas qu’il faille vouer aux gémonies le supposé capitalisme financier… Ce qu’il faut combattre avec la dernière force, c’est la déviation du capitalisme de rentiers, d’héritiers et de privilèges », Nouvel Observateur, n° 2338, 27/08/2009 (cité par Dormann, op.cit. p. 143-144).

Ils ont dit sur lui

« [Denis Olivennes est] un renégat très content de lui, ancien trotskyste devenu patron », Michel Onfray, août 2005 (cité par Dormann, op. cit. p.199)

« Cet énarque normalien mondain passe d’un poste à l’autre, comme une grenouille change de nénuphar », Le Canard enchaîné à l’occasion de sa nomination à la tête de la direction opérationnelle du nouveau pôle d’information de Lagardère Active, 8 décembre 2010 (cité par Dormann, op. cit. p.57).

« Au cours de l’année 2000, alors que la situation financière de Canal++ est totalement dégradée, messieurs Pierre Lescure, président, Denis Olivennes, directeur général et Philippe Duranton, directeur des ressources humaines, ont fait signer à 15 cadres dirigeants de cette société des avenants à leur contrat de travail pour leur faire bénéficier de « golden parachutes » totalement exorbitants et dérogatoires du droit commun (3 ans de salaire net de toutes charges sociales et fiscales, hors de toute conditions d’ancienneté et quelle que soit la cause de la rupture du contrat de travail), sans équivalents, à notre connaissance, dans une société de droit français », Conclusion de l’enquête des juges Henri Pons et René Cros du pôle financier (cité par Dormann, op.cit. p. 179)

Sa nébuleuse

Denis Olivennes est membre du Siècle, un club permettant de créer « un pont entre des mondes qui s’ignorent trop en France » selon les statuts, mais qui, officieusement, permet « de gagner en puissance au sein de la société, d’être branché sur les réseaux d’influence, d’avoir reçu une bonne éducation mondaine, et bien entendu d’avoir envie de se retrouver entre élites et « gens de qualité. On ne peut pas vraiment y être admis si l’on n’ a pas compris le jeu des relations sociales et le rôle majeur du carnet d’adresses », La République des Lettres, « Select Club : Le Siècle, club de rencontres des élites françaises », 22 janvier 2008 (cité par Dormann, p. 226).

Il a participé à la réunion « Bilderberg » 2009. Le groupe de Bilderberg, fondé en 1954 par le banquier américain David Rockfeller et par Josef Luns, ancien secrétaire général de l’Otan à l’hôtel Bilderberg d’Osterbeek aux Pays-Bas, est considéré comme le réseau d’influence internationale le plus puissant du monde. Ce groupe composé de « 120 milliardaires, banquiers, hommes politiques, industriels, universitaires, hauts fonctionnaires, personnalités d’influence dans le monde du travail et de l’éducation et journalistes, se réunit pendant un week-end dans un hôtel ou un centre de villégiature quelque part en Amérique du Nord ou en Europe, afin de discuter en privé des affaires du monde », Rue89.com, « Bilderberg : silence médias sur les réunions de l’élite mondiale », 11 juin 2008.

Il appartient à la FAF (Franco-American Foundation), l’un des plus puissants réseaux de lobbystes franco-américain, dont l’objet est de « contribuer de manière désintéressée au développement des échanges de toute nature entre les États-Unis et la France et de permettre, par là une meilleure connaissance réciproque des deux sociétés, ceci en collaboration avec la French-American Foundation, créée à New-York le 1er août 1975 », (article 2 des statuts de la FAF). La FAF est à l’origine du « Young Leaders program », crée en 1981, dont l’objectif est « de créer et d’entretenir un réseau informel d’hommes et de femmes appelés à occuper des postes clés dans l’un ou l’autre pays », présentation de son programme « leadership » par la French-American Foundation-France (cité par Dormann, op.cit. p.230).

Pendant la campagne de 2007, il rejoint les « Gracques », « un groupe de réflexion et de pression » de hauts fonctionnaires socialistes appelant à une alliance du PS avec le centre et souhaitant une rénovation de la gauche française autour des valeurs sociales libérales.

Alain Minc a soutenu Claude Perdriel, patron du Nouvel Observateur, et Denis Olivennes, son directeur de la publication, dans leur tentative de rachat du groupe Le Monde en 2010, face à Pierre Bergé, Matthieu Pigasse et Xavier Niel, qui ont finalement remporté la mise. Peu de temps après l’arrivée de Denis Olivennes à la tête du pôle information Lagardère, en janvier 2011, Édouard Minc, le fils d’Alain Minc, est promu éditeur de Paris-Match.

Il est aujourd’hui un proche d’Arnaud Lagardère et le numéro 2 de son groupe.

On prête à Denis Olivennes (notamment Gala, août 2009, ou lepost.huffingtonpost.fr, 3 juillet 2009) une relation avec Carla Bruni avant que celle-ci n’épouse le chef de l’État. Ils auraient « un temps tous les deux songé à vivre ensemble » (Valérie Benaïm et Yves Azéroual, Carla et Nicolas, la véritable histoire, éditions du Moment, 2008) et seraient restés très proches.

Crédit photo : medef (cc)

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