La liberté d’expression : état des lieux tronqué dans Le Canard enchaîné
Christophe Barbier

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Dernière modification le 01/05/2016

Christophe Barbier,
le petit marquis libéral libertaire

« Il existe une série d’épisodes historiques qui ont permis de trancher, si j’ose dire, entre le « bien et le mal », entre ce qui est de Gauche et ce qui ne l’est pas. » (La Règle du jeu, 21 février 2013)

Patron de L’Express, extrêmement présent sur les plateaux télé, Christophe Barbier a rendu omniprésents dans le débat public sa silhouette svelte, son port altier et son écharpe rouge. Est-il vraiment de gauche, comme il l’a longtemps soutenu ? Est-il passé à droite ? C’est ce dont l’accusent certains, à gauche, en raison d’étranges accointances avec le sarkozysme… La réponse est dans sa fameuse écharpe qui noue sur ses épaules deux pans qu’on a longtemps crus opposés. En effet, il s’agirait d’un cadeau offert par Carla Bruni-Sarkozy lors de son mariage avec Yamini Kumar, en 2008. La chanteuse bobo avait elle-même marqué, par ses noces avec le président, celles de la gauche bien-pensante et de la droite d’argent. Quant à l’épouse de Barbier, elle se trouvait incarner à elle seule cette alliance, se trouvant être à la fois une militante de gauche et la directrice de la communication de la marque de luxe Hermès… La com’, le fric, le pouvoir, le libéralisme en matière économique et en matière de mœurs, le soutien des puissants et la moraline en plus ! Aucun doute, Barbier est un pur spécimen de libéral-libertaire, le vrai visage de la Gauche chevauchant la mondialisation capitaliste, un petit marquis des médias adoubé par le système et qui ne le critique que pour l’enjoindre à étendre encore davantage sa domination sous les auspices du Droit (Gauche libertaire) et du Marché (Droite libérale).

Il est né en janvier 1967 à Sallanches (Haute-Savoie), son père était secrétaire de mairie.

Formation universitaire

Élève du lycée du Parc, à Lyon, il « monte » à Paris pour faire l’ENS (École Normale Supérieure) de la rue d’Ulm en 1987. Titulaire d’une maîtrise d’Histoire, il obtient également en 1992 un diplôme du MS Média de l’ESCP Europe.

Parcours professionnel

Christophe Barbier débute dans Le Point, en 1990, sa carrière de journaliste politique. Il passe ensuite sur Europe 1 (1995) avant de devenir chef du service politique de L’Express à partir de 1996, magazine dont il devient, en 2001, directeur adjoint de la rédaction, puis en août 2006, et suite au départ de Denis Jeambar, directeur de la rédaction tout court. Avec Denis Jeambar, il aura aussi animé dans les années 1990 l’émission « Affaires publiques » sur La Cinquième (sur le rôle des institutions françaises et européennes). Grand habitué des plateaux télé, Barbier aura participé de 2003 à 2006 à « Ça se dispute » (i>Télé), animée alors par Victor Robert, où il incarne la perspective de gauche face au droitier Éric Zemmour, et intervient également comme éditorialiste dans la matinale de la chaîne. En 2005, il milite pour le « Oui » au référendum sur la constitution européenne. Dès septembre 2006, c’est sur LCI et dans le cadre d’un accord avec L’Express, qu’il présente un éditorial et une interview politique quotidiens dans la matinale. Il revient ensuite assurer le même contenu sur i>Télé à partir de l’été 2011. Il est par ailleurs un invité régulier de l’émission « C dans l’air » (France 5) – et se trouve même être la personnalité la plus présente sur le plateau entre 2008 et 2012. On le retrouve aussi fréquemment invité sur Sud Radio ou dans « Le Grand Journal » de Canal+. Au sein de cette dernière émission, il intervient les vendredis pour commenter l’actualité de la semaine.

Le 14 février 2008, grâce à ses liens d’amitié avec la nouvelle Première Dame, Christophe Barbier obtient, pour L’Express, la première grande interview de Carla Bruni-Sarkozy. En mars 2013, il suscite la colère de sa rédaction à la suite de plusieurs couvertures polémiques : celle sur le coût de l’immigration, celle sur Bernard Tapie et celle, enfin, sur Marcela Iacub (qui relate sa relation avec DSK, après la chute de ce dernier, dans un « roman » tapageur). « Christophe Barbier aime à rappeler qu’un journal, c’est un directeur et une rédaction. Or cette rédaction a le sentiment, une fois de plus, de ne pas être entendue par son directeur », lit-on en conclusion d’un communiqué interne que s’est procuré 20 Minutes. Il se trouve qu’en effet, Barbier avait auparavant vertement critiqué la couverture du Nouvel Observateur sur Iacub… Opportuniste ? Ou finalement, à la différence des membres naïfs de sa rédaction, parfaitement cohérent avec une idéologie libérale-libertaire qui n’est schizophrène qu’en surface et dont la morale est pour le moins flottante. Être à la fois pour l’immigration de masse, pour la GPA, pour tous les gimmicks intellectuels de gauche, et pour ses propres intérêts dans un marché mondialisé étant, comme l’a démontré Jean-Claude Michéa, l’attitude la plus logique qui soit, et la plus pragmatique si l’on veut se trouver – et rester – du bon côté du manche, et non, comme Barbier le soutient « au-dessus de la mêlée »…

Combien il gagne

Non renseigné

Publications

  • Les Derniers Jours de François Mitterrand, Grasset, 1997, réédition 2011.
  • La Comédie des orphelins, Grasset, 2000.
  • La guerre de l’Élysée n’aura pas lieu, Grasset, 2001.
  • La Saga Sarkozy, Éditions L’Express, 2007.
  • Le Bleu de la terre, 2007.
  • Les Nouveaux Caractères,(Collectif) L’Avant-scène Théâtre, 2007.
  • Président candidat, avec Éric Mandonnet, Éditions l’Express, 2012.
  • Maquillages: Les politiques sans fard, Grasset,2012.
  • Rêvons ! Marc Jolivet et Christophe Barbier réécrivent l’Histoire, Flammarion, 2013.

Collaborations

Mitterrand à Vichy, Documentaire avec Serge Moati, France 2, 2008.

Doutes, Film de Yamini Kumar (Barbier y joue le rôle d’un sondeur), novembre 2013.

« Ce titre, Doutes, me semblait d’autant plus évident qu’il correspondait à ce que je ressentais quand je voyais la classe politique : les socialistes doutaient d’eux-mêmes, les militants doutaient de leur parti et de leurs solutions. C’était vraiment un sentiment qui nimbait la classe politique de gauche. » (laregledujeu.org)

Il l’a dit

« Il existe une série d’épisodes historiques qui ont permis de trancher, si j’ose dire, entre le « bien et le mal », entre ce qui est de Gauche et ce qui ne l’est pas. La Gauche c’est donc d’abord cela », La Règle du jeu, 21 février 2013

« L’histoire de la Gauche doit être lue à coté de celle de la France et de ses années noires », Id.

« Conservateur et conventionnel, alors que je me suis prononcé pour le mariage homosexuel, la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui ? » Blog de Christophe Barbier, 25 janvier 2013

« L’immigration est une bonne chose pour la France, une très bonne chose pour la vitalité française », Édito de L’Express, 13 novembre 2012

« Il faut parfois dire les choses crûment, violemment. Oui, l’Express l’affirme, les syndicats français sont nuls. Nuls, on le voit avec cette affaire Séphora. Déplorables. Les commerçants veulent ouvrir. Les salariés veulent travailler. Les clients veulent venir à des heures inhabituelles, le dimanche, ou tard le soir. Et évidemment, il y a toujours un syndicat pour être pointilleux, et jouer le respect stupide du droit. », Édito de L’Express, 24 septembre 2013.

« Admettons que l’on ferme toutes les salles à Dieudonné, il a un million et demi ou deux millions de vues sur internet, que fait-on derrière ? […] Internet n’est pas un no man’s land. On peut aussi combattre sur internet juridiquement ceux qui violent la loi, et notamment la loi Gayssot. On peut y aller, il suffit que les autorités s’en donnent les moyens […] Internet est un champ d’impunité parce que ça part dans tous les sens. Mais ça se régule aussi internet ! Entre nous, les Chinois y arrivent bien.» RMC, « Les Grandes Gueules », 3 janvier 2014.

« Nous voulons faire de L’Express le journal de la réforme, le journal des réformes, fidèle à ses racines puisque le journal a été créé en 1953 pour aider Mendès France à mener ses réformes et à changer le pays. Nous allons pousser tous les réformistes : avec Emmanuel Macron il y a une promesse de réforme, une volonté de réforme, donc nous sommes avec lui. » France Info, 9 mars 2016.

« Ils ont raison ces professeurs, ces médecins et autres qui pensent qu’il faut autoriser la procréation médicalement assistée (PMA). En effet, en l’interdisant on ne crée pas un droit, on crée une inégalité. Il y a ceux qui peuvent aller en faire une à l’étranger et ceux qui n’ont pas les moyens. » L’édito de L’Express, 18 mars 2016.

Nébuleuse

Bernard-Henri Lévy ; Carla Bruni-Sarkozy ; Denis Jeambar ; Raphaël Enthoven.

Ils ont dit

« Quel est donc le programme que propose le petit soldat Barbier ? La « baisse des charges sociales », la hausse de la CSG, l’application de la « TVA dite sociale » dont rêvait Sarkozy, la « flexibilité du travail » (comme si elle n’existait pas), la révision des prestations sociales, la fin de l’État-Providence, le « coup de pied aux fesses » contre « l’assistanat ». Bref, un traitement de choc – un vrai – qui serait le pâle héritage d’une donation cosignée par Margaret Thatcher et Ronald Reagan », Jack Dion, Marianne, 1er novembre 2012

« Les médias sont infiltrés par les journalistes comme Christophe Barbier un des suceurs journalistes de la cour », Ambrino H B, Blog Mediapart, 10 juillet 2012

« Evidemment, il s’agit là d’une extrême-droite « parfumée » comme dirait Mélenchon, qui a tous les honneurs médiatiques et devant laquelle il faut s’agenouiller, contrairement aux vilains extrémistes qui prônent la souveraineté des peuples, quelle horreur… A ce sujet, notons que Barbier termine en beauté avec un sophisme plein de cynisme : les Grecs ont inventé la démocratie, à nous de leur rendre la pareille avec une « gouvernance moderne », c’est-à-dire étrangère et technocratique… Sans oublier l’aspiration à l’avènement de l’homme nouveau, l’Homo Europeus, qui naîtra du jour au lendemain dans la nouvelle « nation européenne » ! Quand Barbier décide d’envoyer la sauce, ça ne rigole pas », Erca, AgoraVox, 12 juin 2012

(N.B. : à l’extrême-gauche, tout ce qui n’est pas d’extrême-gauche est fatalement d’extrême-droite, on connaît la rengaine. D’autre part, leurs logiciels n’ayant pas été mis à jour depuis 70 ans au bas mot, les militants de ce bord n’ont pas suivi la mutation du bourgeois en libéral-libertaire, ils l’imaginent d’ailleurs toujours avec un haut-de-forme sur le crâne et un livret de messe à la main…)

Crédit photo : Cadremploi via Youtube (DR)

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Claude Chollet
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