ACRIMED : la paille et la poutre
Célia Mériguet : miss numérique
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Célia Mériguet :
miss numérique

Ancienne de l’AFP et du Monde.fr avant d’entrer à France Télévisions en 2011, Célia Mériguet participe à la création du site FranceTVInfo, dont elle est la rédactrice en chef. En août 2016, le groupe lui confie la direction de la partie web de la nouvelle chaîne d’information continue, FranceInfo, lancée le 1er septembre 2016 sur le canal 27 de la TNT.

Cette journaliste web chevronnée devra assumer la partie la plus ardue du travail, l’objectif premier même, alors que la chaîne tourne autour de 0,2% d’audience (0,6 les premiers jours après le lancement, puis 0,3 pour tomber à 0,2 début octobre). « Le but fixé par Ernotte, c’est d’être numéro 1 sur le web, qu’on va doper avec une offre vidéo colossale », affirmait en effet Stéphane Dubun, chargé de la partie télévisuelle de la nouvelle chaîne, dans le Canard Enchaîné du 13 juillet 2016. Tournée en priorité vers les jeunes et chargée de décrypter l’actualité plus que de la couvrir à chaud et sans recul, comme le font CNN ou BFMTV, la future chaîne d’information en continu de l’audiovisuel public entend se différencier et mettre le paquet sur internet, grâce à l’expérience acquise par Célia Mériguet notamment quand elle était rédactrice en chef du Monde.fr. Cet objectif n’est pas sans visées politiques, persiflent cependant certains syndicats, qui pointent des coûts sous-évalués (18,5 millions d’€ de budget annuel prévisionnel), un manque criant de journalistes professionnels – ils seront seulement 32 sur une équipe de 176 personnes – et un projet qui manque clairement de logique journalistique et économique.

Formation

Née en 1977 à Paris, elle y a fait ses études secondaires dans l’enseignement public (collège Paul Valéry de 1988 à 1992, puis lycée Maurice Ravel de 1992 à 1995). Après une hypokhâgne et une khâgne, elle devient titulaire d’une maîtrise d’histoire de l’Université Paris I – Sorbonne puis étudie à l’ESJ de Lille à partir de l’an 2000 ; elle est diplômée en 2002.

Parcours professionnel

Pendant ses études, elle réalise des reportages pour France Inter, France Info, RTL et BFM. Elle débute sa carrière en 2002 à l’Agence France Presse de mars 2002 à janvier 2003 ; elle est employée au desk Europe-Afrique et au service économie. De septembre 2003 à juillet 2004, elle est correspondante à Rome pour plusieurs titres francophones centrés sur les nouvelles technologies et Arts Magazine. Elle entre ensuite au Monde.fr où elle est tour à tour journaliste multimédia, puis chef d’édition en 2006, rédactrice en chef adjointe en 2007, et rédactrice en chef en 2010. Elle écrit aussi pour lefigaro.fr entre 2003 et 2005.

Elle rejoint France Télévisions début 2011 dans les bagages de Bruno Patino et participe à la création du site d’information FranceTV info, dont elle est la rédactrice en chef. Elle participe au mouvement de rénovation et de développement des contenus internet lancé par Bruno Patino. Cependant en mars 2014, BFM révèle sur son site – un concurrent direct de Francetvinfos.com, ce qui est du reste précisé à la fin de l’article – que nombre de ces innovations ne sont que des trompe-l’œil car elles existaient avant. Comme Salto, qui permet de revenir au début d’un programme en cours : « lancée » en grande pompe en juillet 2012, cela existait depuis 2009 pour tous les événements sportifs et les grands événements en direct. Idem pour Culturebox, lancé en 2013 mais qui existait depuis 2008, ou la plateforme éducation lancée en 2012 et qui n’est qu’une mise à jour d’un concept similaire, nommé Curiosphere, et qui date de 2008.

Idem pour les audiences, qui ont été sérieusement boostées, mais grâce à quelques artifices… « Ce sont les chiffres d’audiences triomphants du site d’information qui sont sujets à caution. Ainsi, pour le mois de décembre 2013, les chaînes publiques revendiquent 5,3 millions de visiteurs uniques pour leur « offre d’information en ligne ». Mais, selon Médiamétrie, l’audience de francetvinfo.fr ne s’élevait ce mois-là qu’à 3,4 millions de visiteurs uniques », remarque BFM, qui explique : « d’où vient la différence ? La réponse n’est pas dans le communiqué. En réalité, pour arriver à 5,3 millions, il faut inclure les sites d’information régionaux et ultra-marins, un site culturel [CultureBox] et un site sur la géopolitique [Geopolis] ». Par ailleurs « l’audience de francetvinfo.fr a aussi été dopée par un système de vases communicants. Toute une série de contenus ont migré vers francetvinfo.fr: le site culturel, et surtout les journaux télévisés. En pratique, le JT de France 2 était auparavant sur le site de France 2, et est maintenant uniquement disponible au sein de francetvinfo.fr. »

En janvier 2015, elle devient directrice adjointe de l’information nationale sur les médias numériques. Depuis décembre 2015, elle est directrice adjointe opérationnelle (DAO) en charge de tranches d’information, notamment les éditions numériques (francetv Info, Culturebox, Géopolis).

Parcours militant

Elle n’a pas d’appartenance politique connue, ni affichée.

Collaborations

Depuis 2005, elle enseigne le journalisme numérique à l’École supérieure de journalisme de Lille et à l’École de journalisme de Sciences po.

Parmi les projets de ses élèves qu’elle a accompagné, le jeu en ligne « sauve ton usine », inspiré de l’histoire des usines Lejaby, où il faut incarner une déléguée syndicale qui tente de sauver son usine de slips en faillite, « sans tomber dans les pièges de la négociation avec le patronat », comme l’affirme sans ciller la présentation faite sur le site de l’école par les élèves eux-mêmes. Au menu, un tableau contrasté du journalisme – y compris un journaliste local qui propose à la déléguée de balancer de fausses rumeurs sur la direction de l’usine, avant de la trahir dans les colonnes de son journal – mais un curseur résolument à gauche, puisque ce sont notamment la CGT, l’avocat communiste des ex-Goodyear Fiodor Rilov, qui ont la parole, tandis que la direction ne semble avoir qu’un seul objectif : casser de l’emploi et détruire l’industrie nationale. Dans le tableau manichéen, un autre détail cloche : lorsque la déléguée que vous incarnez a organisé une manifestation avec les élus, et que le maire lui propose de politiser la lutte, en se rendant à Paris dans le cadre de la campagne électorale, on ne peut plus avancer dans le jeu. Et donc incarner potentiellement Edouard Martin, ancien délégué CFDT à l’usine Arcelor Mittal de Florange, qui a bénéficié d’un reclassement de luxe comme député européen PS alors que l’usine fermait et que seuls quelques emplois ont été recrées depuis dans ce bassin industriel sinistré. Un « exemple » trop calamiteux pour les futurs journalistes ?

Elle assiste aux Quatrièmes assises internationales du journalisme et de l’information, en novembre 2010 à Strasbourg, et anime un débat intitulé « s’informer sur les réseaux sociaux », avec plusieurs autres confrères dont le référent réseaux sociaux de l’AFP Frédéric Bougon, le directeur général adjoint de Newsweb Laurent Guimier ou encore le journaliste de France Info Benjamin Müller. Le débat souhaite répondre à trois questions : « quels sont les atouts des réseaux sociaux pour sélectionner l’information dont on a besoin ? Comment construire son réseau pour être informé de façon optimale ? Comment valider l’info qui vient à soi ? ».

Elle assiste en décembre 2013 aux rencontres Auféminin.com de Toulouse, intitulées Femmes en sciences et technologies. Elle y participe à une table ronde intitulée « le digital, quelles opportunités pour les femmes ? », avec Marie-Laure Sauty de Chalon, directrice générale du groupe Aufeminin. Fabienne Arata, DG d’Experis, une entreprise du groupe Manpower, une directrice marketing du groupe Orange et une consultante. Ce type de rencontres permet de tisser des réseaux, y compris en-dehors de son métier.

En 2014, elle fait partie, avec Alexandre Brachet, directeur d’Upian, et Clément Wolf, de Google France du jury d’attribution des prix « start-up de l’information » remis par Google et l’école de journalisme de Sciences Po ; c’était la seconde édition. Le jury était présidé par Jean-François Fogel, consultant et professeur associé à Sciences Po.

Publications

Elle n’a pas écrit de livres.

Ce qu’elle gagne

Non renseigné.

Sa nébuleuse

Delphine Ernotte, Stéphane Dubun, Alexandre Kara.

Bruno Patino, qui l’a recrutée à France Télévisions et qui dirige en parallèle l’école de journalisme de Sciences Po Paris, et qui fut l’ancien dirigeant du Monde interactif (le Monde.fr) de 2000 à 2008.

Boris Razon, son collègue au Monde.fr puis au sein de France Télévisions.

Elle l’a dit

« Plusieurs études ont démontré qu’environ 4 ou 5 % de la population au plus est prêt à payer pour des contenus en information. Voilà pourquoi nous offrons une partie de notre contenu gratuitement. Ensuite, le défi, c’est de garder les internautes le plus longtemps possible sur notre site », La Presse.ca 14/6/2010

« À la réunion du matin, notre premier point à l’ordre du jour n’est pas :  »Quelle est l’actualité aujourd’hui ? » mais plutôt:  »Que disent nos lecteurs ? De quoi parlent-ils? » Nous sommes très à l’écoute de ce qu’ils écrivent. Parmi les quelque 5000 abonnés qui bloguent sur Le Monde.fr, certains lecteurs attirent parfois l’attention de l’équipe de rédaction, qui met leur blogue en vedette. Avec le temps, certains blogueurs sont même devenus des réguliers  », ibid.

« «Le web est devenu social, et en tant que média, nous devons être dans ce mouvement-là.», ibid.

« Peu de journalistes travaillent le week-end, et ceux qui le font sont volontaires et bien payés. Ils travaillent sur des horaires de desk. Il y a dépassement d’horaire quand ils sont en reportage, c’est tout », Blog Slate sur le journalisme tenu par le professeur de journalisme en ligne de Sciences Po Alice Antheaume, Work in progress, 20 septembre 2010.

« Aujourd’hui on ne recrute plus forcément un étudiant ou une étudiante qui sort d’une école de journalisme, mais également des personnes qui sont très actives sur Internet, les réseaux sociaux et les blogs. Il y a une voie royale certes, mais il y a de nombreux autres chemins pour y arriver. Il faut vouloir raconter des histoires », 22 mars 2013, à l’occasion d’une master-classe intitulée « Les femmes dans l’info », dans les locaux de l’école Louis Lumière, en présence d’élèves du lycée Gabriel Péri de Champigny, Jean Renoir de Bondy et du collège Denecourt de Bois-le-Roi.

Elle cosigne le 6 novembre 2014 un article qui s’en prend au Hollande bashing, c’est-à-dire aux unes anti-Hollande de la presse nationale, notamment magazine. Pour les tourner en dérision, les lecteurs sont invités à faire leur propre une anti-Hollande. Venant d’un cadre dirigeant de France Télévisions, de surcroît professeur de journalisme, l’initiative n’a rien d’anodin et ne peut que poser question.

« En deux ans et demi, le président a fait 154 fois la une des hebdomadaires français (Le Point, Le Nouvel Observateur, Valeurs actuelles, L’Express, Marianne, Politis, Le Figaro Magazine, L’Humanité Dimanche et Challenges). Pour critiquer l’action présidentielle, dire la défiance croissante des Français à l’égard du chef de l’Etat, et tirer leurs ventes vers le haut, les magazines de gauche comme de droite se livrent en quasi-permanence au « Hollande bashing » (un néologisme issu du verbe anglais to bash, qui signifie « cogner », « frapper »). « L’hypnotiseur », « La République molle », « Monsieur Faible »… Les mots sont forts et les recettes de la titraille bien connues. »

« On vérifie, on analyse les images ou les vidéos ou on fait valider les infos par un expert. Nous appliquons les principes de base du journalisme. Sinon, c’est notre crédibilité sur toutes les infos et pas que les insolites, qui est remise en questions », au sujet des nouvelles « insolites » souvent bidonnées, Slate, 16 juin 2015.

« Le temps s’accélère dans les rédactions, et on arrive dans un récit permanent de l’actualité. Le temps réel, c’est une histoire qui se trace : il faut scander un fil info qui prend sens pour remédier à l’overload info, la surcharge informationnelle », Zdnet, 20 janvier 2016.

On l’a dit à son sujet

« Les salariés des services interactifs de France Télévisions sont, depuis près d’un an, traités comme des moins que rien. Un peu comme si avant l’arrivée du « messie numérique » [Bruno Patino, NDLR] à France Télévisions pendant une décennie, il ne s’était rien passé !!!!! […] Dernier exemple en date, Olivier Lendresse, bras armé de Bruno Patino transfuge du « monde.fr«  où il s’occupait notamment du développement de « lepost.fr«  (dépendant donc du « monde.fr« ) recruté depuis mars 2011 « directeur de projet » par son ex collègue donc. Quel est son statut ? Apparemment il serait chargé de « la construction du site web FTV » et entre autres « missions », il est supposé recevoir les journalistes du secteur interactif et leur signifier leur affectation. Olivier Lendresse mais aussi Jean-François Fogel, Thibaud Vuitton, Thomas Doduik, Laurent Suply, donnent tous des cours à Sciences Po avec leur copain Bruno Patino. Jean-François Fogel, voila un autre copain de Bruno Patino ; il a coécrit avec lui un livre intitulé « Une presse sans Gutenberg ». Et Jean-François Fogel, il a lui aussi été embauché comme « consultant » par Bruno Patino. […] Lorsque ce n’est pas Sciences Po, c’est « lemonde.fr« . Boris Razon, ex rédacteur en chef du « monde.fr« , rejoignait les activités numériques de France Télévisions dirigées par Bruno Patino, ex-directeur du monde.fr. Il y est « responsable des nouvelles écritures Web et du transmédia ». Il n’a pas été le seul transfuge du « monde.fr«  à être embauché grâce à Bruno Patino sur France Télévision. Deux autres collaborateurs de la déclinaison web du quotidien, ont également gonflé les rangs de France Télévision : Célia Mériguet nommée « rédactrice en chef de la plate-forme en ligne d’informations en continu » ex rédactrice en chef au Monde.fr, elle aussi « enseignante à Sciences Po » avec juste en dessous en tant que « rédacteur en chef adjoint de la plate-forme en ligne d’informations en continu », Thibaud Vuitton, ex chef d’édition au Monde.fr, lui aussi enseignant à Sciences Po. A croire que Rémy Pflimlin et son « lieutenant numérique » Bruno Patino, ont fait de France Télévisions l’annexe de « Sciences Po » et du « Monde.fr » », Blog CGC des Médias, 25 juillet 2011.

« En interne, Bruno Patino répète: « on dit que j’ai une secte, mais c’est faux ». En réalité, le directeur général délégué au numérique a fait venir huit cadres qui ont travaillé auparavant avec lui au Monde: Yann Chapellon, Boris Razon, Thibaud Vuitton, Célia Mériguet, Stéphane Mazzorato, Olivier Lendresse, Elodie Buronfosse, et Pierre-Nicolas Dessus. Il a aussi fait venir comme consultant Jean-François Fogel, qui a écrit deux livres avec lui. En outre, Bruno Patino a aussi recruté cinq personnes qui enseignent (ou ont enseigné) à l’école de journalisme de Sciences-Po Paris, qu’il dirige en parallèle: Eric Scherer, Thibaud Vuitton, Stéphane Mazzorato, Erwan Gaucher et Emmanuelle Defaud (repartie depuis à l’Express) », BFM Business, 20 mars 2014.

« Les journalistes de FranceTVInfo s’étaient mis en grève une journée début avril pour protester contre le nom choisi pour la nouvelle chaîne d’info, « franceinfo », de crainte qu’il ne nuise à sa marque. Ils craignaient que, dans le cadre du projet de chaîne d’info publique, les partenaires (France Télévisions, Radio France, INA, France 24) ne décident de donner la priorité à Radio France pour alimenter en actualité chaude le site de la future chaîne.

La direction du groupe avait évité une deuxième grève fin juin en donnant des garanties sur « le contenu éditorial du site et sur la participation » des journalistes de FranceTVInfo, selon la SDJ du site. Autre gage donné à FranceTVInfo : c’est leur rédactrice en chef Célia Mériguet qui a été choisie pour diriger les éditions numériques de la nouvelle offre d’information », Dépêche AFP, 23 août 2016.

Crédit photo : Twitter@celiameriguet

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