Antoine de Caunes

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Dernière modification le 02/02/2015

Antoine de Caunes,
l’éternel jeune homme du PAF

Sur Canal+, pour la rentrée, pas de surprise mais du recyclage. Après de nombreuses supputations, c’est en effet Antoine de Caunes, l’enfant chéri de la chaîne cryptée, qui a succédé à Michel Denisot à la tête du « Grand journal ». L’occasion de revenir sur le parcours aux multiples facettes du fringant bientôt sexagénaire (né en 1953 à Boulogne-Billancourt) sur qui les années ne semblent pas avoir de prise. Peut-être parce qu’il manque d’aspérités ?

« J’ai commis la terrible erreur de croire qu’il y avait des choses plus importantes dans la vie que la télé. »

Formation universitaire

Faculté de lettres de Paris.

Parcours professionnel

Bien qu’il soit issu de la haute bourgeoisie (fils du journaliste Georges de Caunes et de la productrice et animatrice Jacqueline Joubert), Antoine de Caunes a travaillé durant ses études en tant que coursier pour un cardiologue. Puis il entre comme assistant à la société Sygma et donne ses premiers papiers à la revue musicale Rock&Folk. Il entame sa carrière télévisuelle à la fin des années 70, sur Antenne 2, en créant et co-animant, avec Jacky (Jacques Jakubowicz), « Chorus », l’une des toutes premières émissions à défendre le rock à la télévision et à diffuser des concerts en direct. Aspect moins connu, à la même époque il écrit et compose, sous pseudonyme, divers génériques de dessins animés restés fameux tel que Cobra ou X-OR.

À l’écran, son physique de jeune premier, son phrasé énergique et rapide, fonctionnent immédiatement et lui ouvrent de nombreuses portes du monde des médias.

Il poursuit donc sa carrière en produisant et animant l’émission « Houba-Houba » puis « Les Enfants du rock » et « Rapido ». Parallèlement, il fait également ses débuts à la radio, avec l’émission « Marlboro Music », qui traite elle-aussi de l’univers du rock.

Le succès est croissant et son style novateur s’exporte même à l’étranger où il présente des versions anglophones de ses émissions.

Mais c’est surtout son arrivée sur Canal+ qui va faire exploser la notoriété d’Antoine de Caunes et le transformer en l’une des plus grandes stars du Paf. En effet de 1987 à 1995, avec l’aide des auteurs Albert Algoud et Laurent Chalumeau, et en compagnie de José Garcia, il va interpréter le rôle d’humoriste trublion qui va assurer le succès de l’émission vitrine de la chaîne, « Nulle part ailleurs », présentée par Philippe Gildas. Au même titre que « Les Nuls » ou « les Guignols de l’info », il fonde et incarne ce que l’on va rapidement appeler « l’esprit Canal+ », mélange d’humour potache et d’impertinence mesurée, ne sortant jamais des limites du « politiquement correct » et adhérant parfaitement à l’esprit du temps. Ses personnages de scout attardé (Ouin-Ouin dit Pine d’huître), de Français délateur (Gérard Languedepute) ou de beauf à la Cabu (Raoul Bitembois) ravissent la « bourgeoisie bohème », cœur de cible de la chaîne à péage.

À partir de 1993, il anime aussi, en compagnie du couturier Jean-Paul Gaultier, une émission burlesque sur la chaîne Britannique Channel 4, Eurotrash (« Europoubelle »), qui connaît un certain succès de l’autre côté de la manche.

En 1995, il quitte « Nulle part ailleurs » pour se lancer dans une carrière cinématographique, des deux côtés de la caméra. Une expérience qui, malgré quelques petits succès d’estime, ne décollera jamais vraiment. Ce qui ne l’empêche pas de devenir le « maître de cérémonie » de la cérémonie des Césars, qu’il animera 9 fois d’affilée, record absolu pour ce genre d’exercice.

Pour compléter ses revenus, Antoine de Caunes apparaît également dans diverses publicités comme celles pour le groupe Vinci Autoroutes ou l’opticien Krys.

Après avoir présenté, en 2006, sur France 4, quelques émissions consacrées aux divers festivals du septième art (« Parfum de Cinéma »), il revient aujourd’hui à ses premiers amours en succédant à Michel Denisot à la tête du « Grand Journal » de Canal+. La direction espère ainsi relancer un programme « trop assagi », en y insufflant plus de légèreté et de « culture pop ». Très critiqué pour ses premières prestations, l’émission semble pourtant recueillir de meilleurs taux d’audience que ceux de l’année précédente. À suivre.

Parcours militant

Depuis 1993, Antoine de Caunes est le président d’honneur de l’association Solidarité Sida (qui bénéficie de près de 2,5 millions d’euros de subventions et de partenariats publics et privés ; les dons et cotisations ne représentant que 6% des ressources).

Il profite de sa notoriété et de sa présence à l’écran pour diffuser de nombreux messages de prévention et participe à l’organisation d’événements culturels de soutien à l’association (tel le festival « Solidays » ou la « Nuit du Zapping » et la « Nuit de l’Humour »). Antoine de Caunes définit son engagement comme une « lutte festive contre le sida ».

Il s’implique également dans la vie locale de Trouville-sur-Mer, où il possède une résidence secondaire, en défendant les derniers pêcheurs du cru ou en contribuant à la rénovation de monuments historiques dégradés.

Publications

  • Magma, Albin Michel, Collection Rock&Folk, 1978.
  • C’est bon, mais c’est chaud, Fleuve Noir, 1990
  • C’est beau mais c’est triste, Fleuve Noir, 1998
  • Dictionnaire Amoureux du Rock, Plon, 2010
Recueils de ses allocutions de Nulle part ailleurs ; textes écrits avec Albert Algoud
  • Vous permettez que je vous appelle Raymond ?, Seuil, 1990.
  • Pas mal pour un lundi, Seuil, 1990.
  • J’aime beaucoup ce que vous faites, Albin Michel, 1991
  • Une ambulance peut en cacher une autre, Canal+, 1992.
  • Bien entendu, je plaisante, Canal+, 1993.
  • Le Petit Gildas illustré, Canal+, 1993.

Filmographie

Comme acteur
  • 1989 : Pentimento de Tonie Marshall
  • 1996 : Les Deux papas et la Maman de Jean-Marc Longval et Smaïn
  • 1997 : C’est pour la bonne cause de Jacques Fansten
  • 1997 : La Divine Poursuite de Michel Deville
  • 1998 : L’homme est une femme comme les autres de Jean-Jacques Zilbermann
  • 1999 : Au cœur du mensonge de Claude Chabrol
  • 1999 : Chili con carne de Thomas Gilou
  • 2000 : Là-bas… mon pays de Alexandre Arcady
  • 2001 : Le Vélo de Ghislain Lambert de Philippe Harel
  • 2002 : Blanche de Bernie Bonvoisin
  • 2002 : Les Clefs de bagnole de Laurent Baffie
  • 2006 : Un ami parfait de Francis Girod
  • 2007 : Les Vacances de Mr. Bean
  • 2008 : Tu peux garder un secret ? d’Alexandre Arcady
  • 2008 : 48 Heures par jour de Catherine Castel
  • 2009 : La Folle histoire d’amour de Simon Eskenazy de Jean-Jacques Zilbermann
  • 2010 : Mumu de Joël Seria
Comme acteur à la télévision
  • 1998 : Bob le magnifique (téléfilm) de Marc Angelo
  • 2002 : Les Amants du bagne (téléfilm) de Thierry Binisti
  • 2006-2008 : Kaamelott (série télévisée)
  • 2007 : Off Prime (série télévisée, saison 1, épisode 2)
  • 2010 : Du hard ou du cochon! (série télévisée, épisode 3)
  • 2012 : Bref (série télévisée, épisode 53) de Kyan Khojandi et Bruno Muschio
  • 2013 : L’homme à la tête de kraft (court-métrage) de Thierry Dupety et Sandra Joubeaud
  • 2013 : Dangereuses retrouvailles (téléfilm) de Jérôme Debusschère
  • 2013 : Hitchcock by Mocky, épisode « Le don d’Iris »
Comme réalisateur
  • 1997 : T’en as ?
  • 2001 : Les Morsures de l’aube
  • 2002 : Monsieur N.
  • 2006 : Désaccord parfait
  • 2008 : Coluche, l’histoire d’un mec
  • 2011 : Yann Piat, chronique d’un assassinat

Ce qu’il gagne

Non renseigné

Sa nébuleuse

Albert Algoud, José Garcia, Laurent Chalumeau, Luc Barruet, Emma De Caunes (sa fille), Daphné Roulier (qu’il a épousé en 2007).

Il l’a dit

« Il est navrant de songer qu’après avoir survécu aux invasions barbares, à l’Inquisition, à la peste noire… l’humanité finira par succomber, pour avoir pulvérisé à l’aide de bombes aérosols, ces chlorofluorocarbures fatals à la couche d’ozone. » (Almanach, 1991)

« Le pétard est la seule arme que le non violent que je suis tolère. » (Almanach, 2011)

« J’ai commis la terrible erreur de croire qu’il y avait des choses plus importantes dans la vie que la télé. » (Le Grand Journal, septembre 2013)

« L’idée de ce rassemblement, c’est de crier qu’il est intolérable que l’on touche à des gens qui dessinent, qui caricaturent, dont la liberté d’expression est la raison d’être. Il est insupportable aussi qu’on s’en prenne à des juifs dans la France d’aujourd’hui. Comme il est inacceptable de tuer des policiers, en exercice ou non.
De la même manière, je trouve invivable qu’on stigmatise les musulmans comme s’il était juste de les rendre responsables du comportement psychopathe de certains.
Alors, oui, cette manifestation est un élan pour dire « on est avec vous ». C’est un pare-feu gigantesque dans un monde où les crispations identitaires s’entremêlent à la crise économique. Tous les facteurs sont réunis pour que ça pète. Et bien, non, ça ne pètera pas, au contraire, la France entière se réveille, dans un sursaut républicain, pour démuseler la parole.
» Le Hufftington Post, 10 janvier 2015.

Ils l’ont dit

« Depuis Nulle part ailleurs, où il était sublime, il a réalisé trois films ratés et n’a pas rencontré le succès en tant qu’acteur. Il doit concevoir une grande frustration à désormais passer les plats dans une cérémonie couronnant ceux qui ont réussi au cinéma. Il ne recevra jamais de César pour ce rôle », Daniela Lumbroso, à propos du rôle de « maître de cérémonie » des Césars dévolu à Antoine de Caunes lors des 9 dernières éditions. (TV Mag, mars 2011)

« La déception face au Grand Journal version De Caunes est proportionnelle aux attentes suscitées par le retour au bercail du Pine d’huître prodigue. (…) On allait voir ce qu’on allait voir : de la fantaisie, de la bienveillance, du late-show à l’américaine, plus de temps laissé à l’invité, moins de saucissonnage, moins de bruit, un plateau à taille humaine. Et lundi, caramba : déjà raté », Libération, septembre 2013.

« Antoine est un peu perdu dans un format qui ne lui laisse pas la liberté dont il a absolument besoin. Il y a trois grandes séquences dans l’émission, avec le zapping, les guignols, la météo, et cela laisse peu de place à quelqu’un d’aussi inventif qu’Antoine, que je plains certains jours de se retrouver dans cette situation-là » Philippe Gildas, octobre 2014.

Crédit photo : Georges Biard via Wikimedia (cc)

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