Médias allemands : les Turcs ne sont pas une chance pour l’économie allemande
Anne Sinclair

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Dernière modification le 16/04/2016

Anne Sinclair est née le 15 juillet 1948 à New York aux États-Unis. De nationalité franco-américaine, elle a passé les cinq premières années de sa vie aux États-Unis. En 1991, elle a épousé Dominique Strauss-Kahn (ex ministre des Finances, ex député-maire de Sarcelles, ex directeur général du Fonds monétaire international (FMI) et membre du Parti Socialiste). Le couple divorce en mars 2013, elle est désormais en couple avec l’historien Pierre Nora.

Elle est la fille de Joseph-Robert Schwartz (change son nom en Sinclair par décret du 3 août 1949) et de Micheline Rosenberg. Ancien résistant, Schwartz fut directeur de Radio-Levant à Beyrouth, puis secrétaire général de la délégation de la France libre au Caire. Proche ami de Pierre Mendès-France, il deviendra directeur général des parfums Élisabeth Arden, directeur technique des parfums Caron, directeur de Revlon International et administrateur de nombreuses sociétés.

Sa mère, Micheline Nanette Rosenberg était la fille de l’un des plus grands marchands d’art et galeristes de l’entre-deux-guerres, Paul Rosenberg. Anne Sinclair est divorcée du journaliste Ivan Levaï, qui lui a donné deux enfants : David et Élie.

Formation universitaire

Cours Hattemer. Licenciée en droit, diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris (filière Politique et Social, 1972).

Parcours professionnel

Co-anime les soirées électorales de BFM-TV des 22 avril et 6 mai, associée à Olivier Mazerolle et Ruth Elkrief, les éditorialistes de la chaîne.

Directrice éditoriale du site français d’actualité, le Huffington Post, lancé le 23 janvier 2012. The Huffington Post est un journal d’information américain publié exclusivement sur Internet et afin d’offrir une réponse « libérale » (au sens anglo-saxon, c’est-à-dire non conservatrice) à d’autres sites conservateurs.

Participe, en 2008, à l’émission « Le Grand Journal » sur Canal++, en tant que correspondante aux États-Unis en vue de l’élection présidentielle américaine de 2008.

Anime sur France Inter, de 2003 à 2007, l’émission « Libre cours ».

En 2002, sur RTL, elle dirige des entretiens avec de grands patrons. Elle collabore également à l’hebdomadaire Paris Match.

À partir de 2001, elle tente une excursion hors de la presse et intègre le Groupe Netgem, une start-up spécialisée dans la vente de décodeurs de télévisions numérique.

En 1982, elle commence à travailler pour TF1 en tant que présentatrice de l’émission « Les Visiteurs du jour ». Suivent « Édition spéciale » (1983) et « Questions à domicile » avant la consécration avec « 7 sur 7 » (1984-1997). À partir de 1986, elle est directrice adjointe de l’information de la chaîne, puis directrice générale de TF1 Entreprise, directrice générale de e-TF1 en 1997, la filiale internet du groupe, en enfin vice-présidente. Elle quitte le groupe TF1 début 2001, à la suite de « désaccords » avec le PDG du groupe, Patrick Le Lay. Elle engage un procès aux prud’hommes et gagne 1,86 millions d’euro.

Animatrice de « L’homme en questions » (FR3,1973-1976) et de « L’Invité du jeudi » (A2, 1978-1982). Journaliste à Europe 1 de 1973 à 1976.
Travaille pour l’ancien premier ministre radical-socialiste Pierre Mendès-France à la direction de son bulletin Le Courrier de la République (1970-1973).

Parcours militant

Profondément marquée par son engagement à gauche et ses racines juives, elle a parfois laissé ses opinions personnelles prendre le pas sur sa neutralité journalistique ou sa confraternité professionnelle.

Elle a par exemple toujours refusé de recevoir le président du Front national, Jean-Marie Le Pen dans ses émissions.

D’après Le Monde du 18 janvier 1987, « Au lendemain du premier tour de l’élection de Dreux, qui vit le FN rafler plus de 16% des voix, elle organise une discussion sur le racisme en prenant soin de ne réunir autour d’elle que des antiracistes convaincus, ne permettant aux autres interlocuteurs que de parler en duplex ou encore par le biais d’interventions préenregistrées. Elle reconnaît aujourd’hui que “cela ne fut pas très équilibré” ».

La journaliste Florence Belkacem a raconté comment, en 1995, Anne Sinclair avait demandé son éviction de TF1, car « j’aurais insulté la mémoire du peuple juif ». Motif : lors d’un entretien avec Jean-Marie Le Pen pour son émission « Je suis venu vous dire » en janvier 1995, Florence Belkacem lui avait fait observer une minute de silence en l’honneur du 50ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.

Publications

  • Une année particulière, Fayard, 1982.
  • Deux ou trois choses que je sais d’eux, Grasset, 1997.
  • Caméra subjective, Grasset, 2002.
  • 21 Rue La Boétie, Grasset, 2012.

Collaborations

Ce qu’elle gagne

Héritière du marchand d’art Paul Rosenberg (représentant de Picasso, Matisse et d’un grand nombre de peintres français), elle possède plusieurs centaines d’œuvres de grande valeur. Sa fortune est difficilement estimable – de plusieurs centaines de millions à quelques milliards d’euros. À titre d’exemple, un tableau de Léger « La femme en rouge et vert » (1914), a été vendu aux enchères, en 2003, pour 22,4 millions de dollars. « L’Odalisque, harmonie bleue » (1937) de Matisse, a été adjugé pour 33,6 millions de dollars en 2007.

Patrimoine immobilier : aux États-Unis, Anne Sinclair a acquis pour 4 millions de dollars, une demeure située au cœur de Washington, dans le quartier de Georgetown (380 mètres carrés incluant cinq chambres, six salles de bains, une piscine et un jardin). À Paris, elle possède un appartement place des Vosges, acheté plus de 4 millions d’euros (une somme réglée comptant) et un autre dans le XVIème arrondissement, acheté pour la somme de 2,59 millions d’euros. Au Maroc, elle a acquis un riad en plein cœur de Marrakech pour un peu moins de 500.000 €.

Elle l’a dit

« Fallait-il ou non inviter le président du FN ? J’y ai pour ma part, à partir de 1988, répondu par la négative, assez isolée d’ailleurs parmi la confrérie. Je pensais, et pense toujours, qu’être intervieweur exige de la modestie. J’ai toujours été consciente que l’invité d’une émission, quelle que soit la pugnacité du journaliste, a quand même le dernier mot, ce qui finalement ne pose pas de problème avec l’ensemble de la classe politique. La question dans ces années-là était donc de savoir si on ne donnait pas tout simplement une tribune à un dirigeant plus sulfureux que les autres, habitué à l’outrance et à la provocation, et donc, si en l’interrogeant, on ne le mettait pas plus en valeur qu’on ne l’embarrassait. Du coup j’en déduisais que, dans ce cas précis, seul le débat entre élus, pouvait permettre une vraie confrontation entre les représentants des partis traditionnels et ceux du Front National. J’ai sans doute eu tort, non sur le plan des principes qui appartiennent à chacun, mais sur celui de l’efficacité : le diaboliser, le tenir à l’écart n’a pas empêché le 21 avril 2002 où Le Pen s’est retrouvé au second tour de l’élection présidentielle. » « En regardant Marine Le Pen », Huffington Post – 27 février 2012

« Un exemple : le très polémique débat de l’immigration et de la loi prise par l’État d’Arizona pour renforcer les contrôles. Alors que l’administration Obama vient de porter le dossier en justice, un autre sondage, de l’Institut Gallup cette fois révèle que la majorité des citoyens américains approuvent le durcissement pris par le Congrès d’Arizona, et surtout, désapprouvent la tentative de barrage entreprise par le Département de la Justice. (…) Ils sont incroyables ces Américains : ils votent pour un président Noir, mais à la première loi d’un État qui institue le « délit de sale gueule », ils applaudissent ! » « Un porte-parole qui porte la poisse », blog d’Anne Sinclair – 15 juillet 2010

« Juif assumé et détesté beaucoup à cause de cela, il a très tôt organisé les rencontres et dialogues entre Israéliens et Palestiniens, et était plus que favorable à la paix, et s’est le premier (?) soucié du prix des matières premières qui grèvent les pays pauvres. Il fait partie des quelques figures du passé – je ne veux à dessein citer aucune du présent – qui sont capables de redonner espoir et confiance à tout un pays, parce que l’homme était juste, droit, intelligent, compétent et respectable. J’ai souvent dit que mon goût pour la politique – même si ce ne fut pas de l’action mais de l’observation et de l’analyse – je le devais à Pierre Mendès-France. Et si, malgré les déviations, les petitesses, et les médiocrités, si je garde une image de la grandeur de l’engagement dans la vie publique, c’est à Mendès que je le dois, comme plus tard à Rocard ou Delors, ou d’autres… (…) Obama, par la ferveur qu’il suscite, peut devenir un Mendès américain ». « À propos de Pierre Mendès-France », blog d’Anne Sinclair – 23 décembre 2008

« Le pape, à l’occasion de son voyage au Proche-Orient et de son escale en Israël, s’est rendu à Yad Vashem, à Jérusalem, le mémorial où brûle jour et nuit la flamme en mémoire des déportés des camps d’extermination nazis. Il s’est recueilli devant la dalle où sont gravés les noms des camps, et a prononcé ce qu’il fallait de paroles sans ambiguïté sur le caractère ineffaçable de la Shoah, pour mettre un terme à la polémique ayant suivi la levée de l’excommunication de l’évêque négationniste Williamson. Mais apparemment d’autre contentieux subsistent. Il aurait refusé, lors de cette visite, de passer devant l’effigie de Pie XII, ce Pape qui fut tellement silencieux sur le sort des Juifs – y compris sur la déportation des Juifs romains – pendant la Seconde Guerre mondiale, et dont la légende sous la photo relatait la passivité. Évidemment, pour le Vatican qui souhaite canoniser Pie XII (oui, je dis bien canoniser !) cela aurait fait désordre. Le Washington Post nous apprend d’autre part que le pape aurait remis à l’honneur une vieille prière en latin demandant à Dieu de délivrer les Juifs des ténèbres et leur faire reconnaître la divinité de Jésus. Enfin, déplorent certains, il n’aurait pas eu un mot de regret en souvenir de ses jeunes années enrôlées dans les Jeunesses Hitlériennes. » « Le Pape et Israël. Obama et le monde arabe », blog d’Anne Sinclair – 13 mai 2009

« Il faut témoigner et continuer à se battre pour l’identité juive. » Actualité juive, 24 janvier 2002

« Oui, je suis jalouse, parce que mon mari est beau, intelligent et sympathique. (…) Je me moque qu’une nana lui tourne autour. Là où ça ne m’amuserait plus, c’est s’il en regardait une. Là, je trouverais ça vraiment moins drôle. » Paris Match, 1997

« On vit une époque de renoncement, l’étiquette fasciste n’est plus un obstacle à la progression du FN (…) J’ai du accueillir Bruno Mégret pendant la campagne électorale (…) Mais je m’enfonçais les ongles dans la main d’énervement. Ma détestation s’est vue à l’antenne (…) mais je ne vais pas me transformer. » Marianne, 2 juin 1997

« Il faut bien reconnaître que Le Pen n’est pas un homme politique comme les autres, qu’il n’a pas d’idées, qu’il n’a que la haine. » Le Nouvel Observateur, 17 mai 1990

Sa nébuleuse

Conseil d’administration du Musée Picasso
Membre du Club Le Siècle (parrainée par Alain Minc)
Membre de la Fondation Saint-Simon
Médaille du B’naï B’rith en 1987
Membre du Comité d’honneur du cercle Léon Blum

Manuel Valls

Anne Sinclair a toujours su être au centre des réseaux politiques, notamment ceux de Manuel Valls. Le premier ministre était présent en octobre 2015, avec deux anciens premiers ministres (Jospin, Rocard), lors de la discrète remise de la Légion d’honneur à Anne Sinclair dans le cabinet de l’avocat de la journaliste, Jean Veil. En février 2016, lors du remaniement ministériel, elle refusera même sa proposition de devenir ministre de la Culture au sein de son nouveau gouvernement.

Photo : couverture de Paris Match, n°3291 juin 2012

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Claude Chollet
Président de l'OJIM

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