Migrants : hébétude sentimentale et sidération par l'image

Migrants : hébétude sentimentale et sidération par l’image

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L’image, dans cette campagne, joue un rôle fondamental. Il s’agit d’émouvoir, d’émouvoir et d’émouvoir encore, jusqu’à éradiquer l’esprit critique. Refuser, ou même simplement questionner ce qui est en train de se passer vous transforme alors immédiatement en salaud.

Pour des raisons éminemment idéologiques, la plupart des grands médias a décidé que l’invasion migratoire que subissait actuellement l’Europe était une bonne chose, et ce sur tous les plans : économique, démographique, politique et surtout moral. L’enthousiasme des élites pro-immigration vire parfois carrément à l’hystérie ; non content du million de migrants que son pays va accueillir cette année, le ministre de l’intérieur allemand Thomas de Maizières veut à présent directement « chercher les réfugier dans les zones de guerre ».

Au cours d’une réunion de maires à la Maison de la chimie le 12 septembre, on a pu voir un préfet de la République tenter d’arracher son discours au maire de Beaucaire Julien Sanchez opposé à la politique gouvernementale, le tout dans une étrange ambiance de lynchage (ce qui n’a pas empêché TF1 d’estimer que c’était le maire de Beaucaire qui avait crée l’incident). Quant à Emmanuelle Cosse, la patronne des Verts (du moins ce qu’il en reste), elle déclarait le 15 septembre dernier sur RTL que la France et l’Europe pouvaient accueillir les migrants « sans limite », ce qui en bon français signifie un, dix, cent millions ou pourquoi pas un milliard. Cet enthousiasme ne semble toutefois pas partagé par tous, et le président du secours populaire Julien Lauprêtre parle même de « raz-de-marée de la misère qui se développe en France ».

Depuis le début de cette crise migratoire, les grands médias se sont ainsi lancés dans une formidable campagne visant à sidérer l’opinion publique et à lui faire admettre que refuser, ou même simplement questionner ce qui était en train de se passer vous transformait immédiatement en salaud. L’image, dans cette campagne, joue un rôle fondamental. Il s’agit d’émouvoir, d’émouvoir et d’émouvoir encore, jusqu’à éradiquer l’esprit critique.

Les photos de migrants publiées par la presse sont ainsi savamment choisies pour rassurer, mais aussi pour susciter la pitié et la sympathie. Ainsi, sans parler de la photo du petit Aylan (pitié) qui a représenté un climax en la matière, ce sont souvent des enfants, des couples ou des familles qui sont représentées (sympathie) même si l’on sait qu’entre 70 et 80% de ces migrants sont des jeunes hommes.

Comment ne pas être touché par cette photo diffusée par la BBC d’un couple s’embrassant devant la mer ?

Comment ne pas être touché par cette photo diffusée par la BBC d’un couple s’embrassant devant la mer ?

Comment ne pas être touché par cette photo diffusée par la BBC d’un couple s’embrassant devant la mer ? Ou de cette autre photo d’un couple rayonnant de joie et de beauté enlacé dans un train ?

Et cette autre photo d’un couple rayonnant de joie et de beauté enlacé dans un train ?

Et cette autre photo d’un couple rayonnant de joie et de beauté enlacé dans un train ?

Ne faut-il pas être un sans-cœur pour évoquer des problèmes de coûts, de limite des capacités d’accueil ou de sauvegarde de son identité ? Quand il s’agit d’hommes seuls, ceux que l’on photographie ou que l’on interview sont généralement d‘âge mûr, éduqués, occidentalisés, exerçant des professions valorisées et parlant anglais. Bref, des gens dont on doit sentir qu’ils s’intégreront très facilement et qu’ils ne poseront aucun problème, des gens polis qui feraient somme toute de très sympathiques voisins. Quant aux cohortes de jeunes gens sans formation, de déserteurs de l’armée légale ou de marginaux à la dérive, un voile pudique les recouvre.

Ne se sentant aucune limite, là non plus, dans la vocation qu’ils se sont donnée, les médias mettent à présent en scène des migrants fuyant avec leurs animaux domestiques. Ainsi ce beau jeune homme souriant portant dans une serviette nouée sur le ventre son petit chaton…

Ainsi ce beau jeune homme souriant portant dans une serviette nouée sur le ventre son petit chaton…

Ainsi ce beau jeune homme souriant portant dans une serviette nouée sur le ventre son petit chaton…

Que vous faut-il encore comme preuve de sa très grande humanité ? Dans une vidéo d’Euronews, on peut voir « deux amis syriens partis de Damas qui ont décidé que leur jeune husky, Loos, ferait aussi le voyage vers l’Europe ». Serait-on inhumain au point de refuser l’hospitalité à ce mignon petit toutou et à ses maîtres ?

[no comment] Ils sont des milliers chaque jour à quitter leur terre pour prendre la direction de l'Europe en quête d'une vie meilleure. Alors que la plupart des migrants ont tout laissé derrière eux, certains ont emmené dans leur bagage leur animal de compagnie. C'est le cas de Mohammed Muraseen et Saffa Hussein, deux amis syriens partis de Damas qui ont décidé que leur jeune husky, Loos, ferait aussi le voyage vers l'Europe

Posted by euronews on lundi 21 septembre 2015

 
Ailleurs, c’est un autre couple, toujours beau et souriant, avec son chien « Johnny » qui nous demande gentiment le droit de venir le promener dans nos parcs pour qu’il puisse jouer avec nos petits toutous à nous (promis, on ramassera les crottes).

Ailleurs, c’est un autre couple, toujours beau et souriant, avec son chien « Johnny »

Ailleurs, c’est un autre couple, toujours beau et souriant, avec son chien « Johnny ». Crédit : UNHCR/D.Manchev

Dans un continent attaché à ses animaux de compagnie et sensible à la condition animale, nulle doute que l’argument touchera les âmes sensibles. Nul doute non plus que les médias sont prêts à toutes les manipulations pour maintenir la population dans un état d’hébétude sentimentale et lui faire accepter pacifiquement de céder la place.

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