Médias : Christian Millau censuré sur Europe 1

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Invité à l’émission « Des clics et des claques », sur Europe 1, à présenter son Dictionnaire d’un peu tout et n’importe quoi, paru aux éditions du Rocher, l’écrivain Christian Millau a été « déprogrammé » au dernier moment.

Médias : Christian Millau censuré sur Europe 1

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La raison ? Un des animateurs de l’émission, Guy Birenbaum, a découvert des passages « racistes et homophobes » dans le livre et a convaincu les autres membres de l’équipe d’annuler l’invitation. Millau, raciste et homophobe ? Pour qui a lu son dernier livre, l’accusation fait figure de sinistre farce. Avec l’insolence qu’on lui connaît, l’écrivain s’amuse des ridicules de l’époque à la manière d’un Molière. Le problème, c’est que ce ne sont plus les grenouilles de bénitiers qui sont grotesques aujourd’hui, mais les bigots de la modernité bêlante s’exaltant devant le formidable progrès qui consiste à décréter que deux papas et un enfant peuvent constituer une belle famille. Millau est donc dans son rôle d’écrivain quand il imagine les conversations de demain dans les cours de récréation : « Le monsieur ici, c’est mon papa et le monsieur, là-bas, c’est mon papa- Et ta maman ? ben j’sais pas. Ils m’ont pas dit qui fait quoi »… Mais une telle ironie, un tel mauvais goût, un tel irrespect ne peuvent évidemment que traduire un penchant homophobe, n’est-ce pas ? Manière d’habiller Millau pour l’hiver et de lui interdire à jamais tout contact avec un micro, ce qui est évidemment le but recherché.

Guy Birenbaum

Guy Birenbaum. Crédit photo : INA Divertissement sur Youtube

Un journaliste au style ampoulé et rigolard a cru bon d’attaquer Millau, qui s’est légitimement plaint de son sort dans un article paru sur le site Atlantico : il s’agit de du directeur-adjoint de la rédaction de L’Express depuis octobre 2012, Éric Mettout, qui affirme dans un article qu’une telle attitude ne peut, ô grands dieux non, être assimilée à de la censure. Car voyez-vous, nous autres journalistes « n’avons heureusement les moyens de censurer personne, c’est un privilège de politique, voire de patron de presse, ça (ndlr : merci pour le renseignement), pas de journaliste ».

Néanmoins, « c’est notre liberté absolue, intangible, notre liberté d’expression de ne nous laisser imposer aucun contenu, aucun propos, aucun article, courrier ou commentaire, sous quelque prétexte que ce soit ». Passons sur le caractère « imposé » qui consiste à inviter quelqu’un pour le décommander à la dernière minute, pour nous intéresser à cette « liberté d’expression » du journaliste. Que vient-elle faire ici ? Le journaliste ne devrait-il pas plutôt être le garant de la liberté d’expression… des autres ? Ainsi, refuser d’inviter quelqu’un parce qu’on ne partage pas son opinion serait de l’ordre de la liberté d’expression du journaliste ? Si un journaliste n’est évidemment pas « obligé » d’inviter qui que ce soit à l’antenne, répétons une dernière fois que c’est Birenbaum qui, de son plein gré, a invité l’écrivain. Mieux : il lui trouvait alors toutes les qualités : belle écriture, vigueur de la pensée, impertinence… Tout ça pour revenir sur sa parole, après avoir lu le livre, pour des considérations idéologiques ? Alors, oui, c’est évidemment de censure dont il est question. Censure que monsieur Mettout rebaptise « conscience professionnelle »… Il y a décidément quelque chose de pourri dans le royaume de la presse.

Photo en Une : crédit Éditions du Rocher

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