Le journalisme en Italie : un tour d’horizon
Mediapart chasse les fraudeurs tout en fraudant le fisc

Mediapart chasse les fraudeurs tout en fraudant le fisc

Télécharger en PDF

Le site d’information en ligne Mediapart a reçu, ce mardi 17 décembre, un avis de contrôle fiscal à propos de son taux de TVA.

Le média en ligne dirigé par Edwy Plenel s’applique en effet, et ce en toute illégalité, un taux dit « super-réduit » de 2,1 % de TVA. Ce taux est, normalement, réservé exclusivement à la presse papier. Une sorte d’aide publique à la source. En tant que « pure player », c’est-à-dire média basé uniquement sur internet, Mediapart n’a pas à s’appliquer ce taux et devrait payer 19,6 % de TVA, ce qu’il ne fait pas.

C’est donc par voix d’huissier, fait rare, que Mediapart a reçu ce mardi 17 décembre un avis de contrôle fiscal. Le 16 décembre, c’est Indigo Publications qui édite notamment La Lettre A et Presse News, qui avait reçu la visite d’un huissier. Une mésaventure déjà vécue par les sites Arrêt sur images et Terra Eco, toujours en contentieux, ou encore par Dijonscope, qui a dû fermer.

Dans une tribune publiée le jour-même, Edwy Plenel fustige une « attaque illégitime et discriminatoire ». « Bercy voudrait-il se venger à froid d’une presse trop indépendante ? », s’interroge-t-il en faisant référence à l’affaire Cahuzac. Ce dernier estime que la presse n’est « pas réductible à un support unique » et qu’« avec cette lettre de cachet fiscale, aussi injuste qu’arbitraire, l’État se révèle incompétent, aveugle et partisan ».

Et le fondateur de Mediapart de se justifier par moult explications, citations de politiques, documents, textes, rapports, etc. Il n’en demeure pas moins que le droit n’est pas d’accord et place Plenel dans l’illégalité. Qu’importe, celui-ci estime que « (sa) décision d’appliquer la TVA à 2,1 % s’appuyait sur un consensus général, tant professionnel que politique ». Et de s’appuyer sur une décision du Spiil (Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne, dont Mediapart est co-fondateur), qui avait invité ses membres à s’appliquer eux-mêmes ce taux super-réduit pour faire pression sur les pouvoirs publics, pour légitimer son action.

« C’est la France qui, aujourd’hui, est déjà en faute par rapport au droit européen », ajoute encore Edwy Plenel. Le journaliste a beau tordre l’affaire dans tous les sens, trouver mille justifications, le droit reste le droit. Et le droit, que l’on soit d’accord ou non, dit que Mediapart doit payer 19,6 % de TVA. Que deviendrait la société si chacun créait son propre droit et se l’appliquait, puis se justifiait en s’auto-légitimant ? Après tout, Jérôme Cahuzac n’aurait-il pas pu, lui aussi, justifier son exil fiscal en s’insurgeant, comme beaucoup, contre les taux d’imposition trop élevés ? À l’époque, Mediapart aurait-il trouvé cette justification recevable ? Il est permis d’en douter.

Mais le plus paradoxal dans cette histoire, c’est que Mediapart, avec l’affaire Cahuzac justement, s’est fait depuis quelques années le parangon… de la lutte contre l’exil et la fraude fiscale ! Quelle n’était pas la fougue du journal en ligne, sous les plumes de Fabrice Arfi et d’Edwy Plenel, à l’encontre des fraudeurs, ceux qui se dédouanaient de solidarité nationale ! Très favorable à l’impôt et à la redistribution, Mediapart ne semble pas s’appliquer à lui-même les principes qu’il défend avec tant d’ardeur…

Lire aussi notre portrait d’Edwy Plenel

Vous appréciez le travail de l'OJIM et vous avez apprécié cet article, aidez-nous !

Aidez l'Ojim à se développer !

Le travail de l’Ojim se développe avec des correspondants en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Pologne et bientôt en Hongrie. Nous avons pu vous proposer des analyses de la presse européenne sur les viols de Cologne, sur la véritable situation des médias en Pologne, des dossiers fournis sur les censures et les auto censures des grands médias. Nous frôlons les 200 portraits de journalistes et ceux ci sont de plus en plus lus y compris à l’université et dans les écoles de journalisme. Mais le nerf de la guerre ne suit pas toujours, si vous voulez nous aider c’est facile et vous bénéficiez d’une déduction fiscale :
En donnant 30 euros vous financez les brèves d'une journée de publication et ceci ne vous coûte que 10 euros après déduction fiscale
En donnant 100 euros vous nous aidez à couvrir les frais d'un portrait et ceci ne vous coûte que 33 euros après déduction fiscale
En donnant 200 euros vous financez un dossier et ceci ne vous coute que 66 euros après déduction fiscale
En donnant 400 euros vous financez une infographie ou une vidéo et ceci ne vous coûte que 133 euros après déduction fiscale.
Vous pouvez payer en ligne ci-dessous ou nous envoyer un chèque à OJIM 48 bd de la Bastille 75012 Paris. Pour ceux qui veulent recevoir le reçu fiscal de déduction merci de nous indiquer votre adresse physique.
Le petit cochon de l'Ojim vous remercie et vous souhaite une grande année 2016.


Claude Chollet
Président de l'OJIM

Si vous ne souhaitez pas utiliser PayPal

Vous trouverez ci-dessous notre IBAN :
FR76 3000 3030 5200 0505 4097 265 (Société Générale)
Bénéficiaire : OJIM, 48 bd de la Bastille 75012 Paris.

Abonnez-vous à la newsletter de l'Ojim, cliquez ici.

Voir les portraits de l'Ojim

Retrouvez l'Ojim sur Facebook