Vanessa Descouraux
Libération tire la sonnette d'alarme

Libération tire la sonnette d’alarme

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Le quotidien multiplie les Unes aguichantes et agite régulièrement des menaces jugées inquiétantes, comme les malheurs obligés du Brexit, le poids de la « fachosphère » ou le lancinant danger que représenterait tout ce qui n’est pas Libé compatible. La quête des menaces autres que terroristes occupe beaucoup la presse libéralo socialiste, ainsi Le Monde daté du 11 janvier dernier. L’OJIM a demandé à l’un de ses limiers de plonger en eaux troubles et de sonder la rubrique « Idées » de Libé.

Fin novembre 2016, Libération tirait la sornette d’alarme en Une : « Primaires : au secours, Jésus revient ! Les lobbys catholiques sont-ils en train de désigner le nouveau président ? ». Trois mois plus tard, en plein cœur de « l’affaire Fillon », force est de constater que le poids politique du catholicisme en France a peut-être été surévalué. Le journal dirigé par André Marie Paul Mouchard alias Laurent Joffrin est coutumier des Unes et des tribunes aguichantes. Une lecture de la rubrique « Idées » dans une édition choisie au hasard, datée du mercredi 1er février 2017, permet de mieux cerner les racines du mal.

La Nation ? Quelle Nation ?

Les pages sondées sont les pages 22 à 24. Elles concernent uniquement la rubrique « Idées ». La peur/Libération est d’abord une croyance en ce danger que représenterait la Nation. La rubrique consacre ainsi deux pleines pages au dernier ouvrage du vexillologue Bernard Richard, dont le brevet antifasciste est incontestable : il fut « attaché culturel à Santiago du Chili au moment du régime de Pinochet ». On ne le soupçonnera donc pas de tendances nationalistes. Le livre est une « petite histoire du drapeau français », un pan de cette histoire de France bien malmenée par les temps qui courent. Les mots de Richard sont clairs : « La violence que porte le drapeau bleu-blanc-rouge explique notre retenue à le brandir et à pavoiser nos rues » et notre tort, contrairement aux punks britanniques par exemple, est de ne pas avoir su « le réinventer en dehors de toute référence nationaliste ». Cela tient à « l’accaparement du drapeau tricolore par une partie de la France — les ligues antiparlementaires en particulier — dans les années 30 » et par « le régime de Vichy ». Cette « violence » expliquerait pourquoi les Français sont réticents devant leur drapeau national. D’autres analystes, ainsi Patrick Buisson, Mathieu Bock-Côté ou Éric Zemmour, ajouteraient que le développement d’une « haine de la France », favorisée par les dogmes multi-culturalistes d’officines telles que Terra Nova, Libération, Le Nouvel Obs ou le PS ont pu jouer un rôle plus récent.

Faire face à « des politiques migratoires brutales et à court terme »

Les « Idées » de Libération donnent ensuite à lire une tribune signée de 4 intellectuels, dont les éternels Étienne Balibar et Nancy Huston, peu connus en tant que spécialistes es questions migratoires. Le peuple issu de l’immigration serait maintenant celui sur lequel doivent s’appuyer les révolutions marxiennes à venir. Dans ce texte intitulé « Le sens des mots », les migrants récemment entrés sur le territoire européen ne sont justement pas des migrants mais des « réfugiés », bien que n’ayant pas encore obtenu de statut légal. C’est « le sens des mots », selon les auteurs. La crise des migrants n’existerait pas. Ce serait une construction raciste, à l’image de l’islamophobie. C’est pourquoi l’expression « crise des migrants » est écrite entre guillemets dans cette tribune. Les 4 intellectuels de gauche indiquent qu’il ne s’agit pas d’une « crise » temporaire mais d’un « changement à la fois progressif et radical ». Ils ne prononcent cependant pas l’expression « grand remplacement », plutôt marquée à droite, ni celle officielle de l’ONU, « migrations de remplacement », inspiratrice des actuelles politiques migratoires. Appliquer les lois de la République aux « réfugiés », c’est-à-dire aux migrants illégaux, serait renier les véritables valeurs de cette République, lesquelles ne sont pas dans les lois mais dans des mots tels que « liberté, égalité, fraternité ». Cela devrait susciter une « indignation », qui serait « résistance à la xénophobie, à l’islamophobie, au racisme distillés depuis des années et pas seulement par le FN ». La solution à la « crise des migrants » passe alors par un appel en faveur d’une « désobéissance civile ». Celle-ci ne manquera pas de démontrer son efficacité puisque l’appel reçoit « près de mille signatures par jour », et de permettre « enfin ! » d’effacer « ce goût de Vichy qui empoisonne notre air ». Dès lors, la lutte révolutionnaire en faveur des « réfugiés » est, si l’on en croit le vrai « sens des mots », combat contre un Pétain revenu d’outre-tombe.

Ni Nation ni « crise des migrants » mais de la Libé-motion

Tirer la sornette d’alarme doit être accompagné d’un choc émotionnel, ce choc qui fait l’odeur de « la tolérance intolérante » et du « racisme de l’antiracisme » d’après Gérard Mauger et Willy Pelletier (Les classes populaires et le FN. Explications de votes, éditions du Croquant, janvier 2017) dans leur récent livre collectif issu de la mouvance « antifa ». Le douloureux passage obligé vient avec le texte suivant des « Idées », « Mort à Venise », où Dénètem Touam Bona raconte ce drame : « Le 22 janvier, Pateh Sabally, jeune réfugié Gambien, s’est noyé dans le Grand Canal sous le regard des touristes et avec les insultes de certains. Des bouées de sauvetage lui ont été lancées trop tard ». Un hommage a été rendu au jeune migrant le mercredi 1er février 2017 lors de la soirée Poétiques de résistance à la Maison de la Poésie.

Lire les pages « Idées » de Libération est un véritable pensum au bout duquel une question s’impose : à qui peuvent bien profiter cette détestation des nations et ce multiculturalisme conçu comme religion politique ?

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