Portrait : Dominique Reynié

Les journalistes de Libé en guerre contre leurs actionnaires

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La lutte acharnée entre salariés et actionnaires de Libération se poursuit et vient même s’inviter en une du quotidien.

Depuis plusieurs mois, la tension est à son comble. Vivement opposés à la direction, en particulier à Nicolas Demorand, ainsi qu’aux plans d’économie proposés par les actionnaires (et notamment une baisse des salaires), les journalistes ont eu la surprise de découvrir, vendredi 7 février, un courriel de Bruno Ledoux, actionnaire principal (26%), dans lequel celui-ci évoque le « plan secret » des actionnaires pour l’avenir du journal.

Les actionnaires, parmi lesquels Édouard de Rothschild (26%), estiment en effet que Libération « ne doit son salut qu’à l’agrégation de subventions de la puissance publique ». Et de renouveler leur « soutien total » au directoire. Ce n’est pas le cas des salariés, qui avaient voté le 26 novembre dernier « le départ des deux coprésidents du directoire de Libération [Nicolas Demorand et Philippe Nicolas, ndlr] afin de rendre possible la mise en place d’un vrai projet de développement de cette entreprise et d’un plan d’économie légal et crédible ».

Mais ce que les salariés ont surtout appris, c’est la volonté de transformation du journal en « réseau social, créateur de contenus monétisables ». Les actionnaires désirent en faire « un espace culturel et de conférence comportant un plateau télé, un studio radio, une news room digitale, un restaurant, un bar, un incubateur de start-up »… une sorte de « Flore du XXIème siècle ». Agressif, Bruno Ledoux ajoute (à l’attention des actionnaires et du directoire) : « Je veux les rendre ringards tous ces esprits étriqués et tirer un coup d’avance, un coup cash, où tout est dit, y compris le projet sur l’immeuble. […] Je pense qu’il faut prendre […] à témoin tous les Français, qui raquent pour ces mecs, pour que tout le monde comprenne bien l’enjeu qui se joue actuellement… D’un côté, la faillite, de l’autre côté, une autre vision… » Pour lui, ce « projet est la seule solution viable pour Libération. Si les salariés refusent, Libération n’a pas d’avenir ».

Hésitant entre l’hilarité et l’inquiétude, les salariés, qui réclamaient « un vrai plan de développement, qui passe par une restructuration pérenne de l’entreprise, et un projet éditorial ambitieux qui réponde aux attentes de ses lecteurs », se sont servis de la une du quotidien pour défendre leurs arguments. Ainsi ce samedi 8 février pouvait-on lire : « NOUS SOMMES UN JOURNAL, pas un restaurant, pas un réseau social, pas un espace culturel, pas un plateau télé, pas un bar, pas un incubateur de start-up… » Par ailleurs, ils dénoncent « un véritable putsch des actionnaires contre Libération, son histoire, son équipe, ses valeurs ».

Réunis en AG ce dimanche 9 février, les salariés ont estimé « que cette situation est illégale car le plan de développement présenté vendredi n’est pas celui discuté depuis des mois. On va voir quelle réponse apporter et étudier si nous ne sommes pas dans un délit d’entrave. » Et de décider de se servir de leur journal comme d’une « arme ». « Nous voulons nous exprimer, nous faire connaître, répondre à ceux qui nous font un procès en archaïsme. C’est aussi une bataille de communication. Nous pourrions aussi faire une enquête sur Bruno Ledoux (l’actionnaire principal du groupe) pour savoir quelle est sa surface financière… », propose un journaliste.

Outre ces tensions, Libération traverse une grave crise économique. Le journal a perdu plus d’un million d’euros en 2013 et ses ventes ont chuté l’an dernier de 15 %, de loin la plus forte baisse parmi les quotidiens français,

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Lire également notre Infographie de Libération ainsi que notre Dossier : 40 ans de Libération, des maos aux bobos

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