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Médias recherchent néonazi désespérément

Le meilleur de l’Ojim en 2013 (6)

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Pendant les fêtes, l’Ojim vous propose tous les jours de revivre les grands moments de l’année 2013 du point de vue de la critique des médias. Affaire Méric, affaire Léonarda, affaire du « tireur fou » de Libé, dossier sur les roms de Valeurs actuelles, Marseille vue par les médias, connivence des journalistes et des politiques… C’est toute l’actualité médiatique de 2013 qui est analysée et mise en perspective par l’Ojim. N’oubliez pas que l’Ojim est un site 100% indépendant qui ne vit que de vos dons. Aidez-nous à remplir notre rôle d’Observatoire des médias, et à exercer librement notre critique du système médiatique. Tout don nous sera utile.





Après le « grand blond » Mohamed Merah, on pensait enfin tenir un néonazi ! Raté : Abdelhakim Dekhar, le « tireur fou » de Libé, est d’ultragauche

L’affaire Merah n’aura donc pas servi de leçon. Avant que le « tireur fou de Libé » ne soit connu, de nombreux médias ont à nouveau démarré au quart de tour avec la volonté, à peine dissimulée, de voir le réel coller à leur fantasme. En dépit de toute déontologie.

Un « blanc aux yeux bleus » nommé Mohamed Merah

Déjà, en 2012, lorsque Mohammed Merah abattait, à Montauban, des militaires en pleine rue et finissait par s’introduire dans une école juive de Toulouse pour y faire un carnage, les grands médias avaient fait leurs choux gras sur une pure spéculation : son origine. Alors qu’on ne connaissait rien du tireur et que les seules images disponibles montraient un homme casqué intégralement, l’extrême-droite était visée. Le Point avait dégainé le premier en évoquant « la piste néonazie ». Puis, les télévisions avaient décrit un homme « de type caucasien ou européen » (M6), aux « yeux bleus sur un visage blanc » (TF1 et France 2).

Le 20 mars, les Inrocks faisaient même appel à un sociologue pour assurer une légitimité à cette thèse. Laurent Mucchielli déclarait ainsi que, « selon les premiers éléments de l’enquête, le meurtrier n’est pas un islamiste ou un banlieusard – les cibles favorites du débat public – mais une personne qui est apparemment issue d’un groupuscule néo-nazi ». Bravo pour la lucidité. De même pour Le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo et Le Monde qui, tous en cœur, évoquaient tantôt un néo-nazi, tantôt un dangereux nervi d’extrême-droite, forcément proche des idées du Front National. La menace fasciste planait sur la République en danger.

Mais dès les premières révélations sur l’identité du tueur, l’islamiste Mohammed Merah, le changement de ton sera total. On parlera désormais d’un jeune « toulousain de 23 ans » qui « aime le foot, les scooteurs et les sorties en boîte » (France 3). Pour les Inrocks, il s’agit d’« un enfant du mariage malheureux entre la France et l’Algérie ». Libération couronnera ce grand retournement par une description devenue célèbre : un jeune au « visage d’ange d’une beauté sans nom »… Mais le pompon survenait le 21 mars, lorsque sur son compte Twitter, le journaliste du Nouvel Obs Nicolas Chapuis rapportait des propos tenus au sein de sa rédaction : « Putain ! Je suis dégoûté que ce ne soit pas un nazi ! » Et son collègue, Tristan Dessert, de lui répondre, comme un aveu pour l’ensemble de la profession : « Ça aurait été effectivement plus simple. »

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