Eugénie Bastié
Dossier : Les médias et les rendez-vous de Béziers de Robert Ménard

[Dossier] Les médias et les rendez-vous de Béziers de Robert Ménard

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[Première diffusion le 23 juin 2016] Rediffusions estivales 2016

Béziers a été, le temps d’un week-end, la capitale d’une partie des droites françaises. Ce fut aussi pour les médias parisiens l’occasion d’affuter leurs plumes, de fourbir leurs slogans et de mettre en boîte toute image ou propos plus ou moins déviants – selon leur doxa –pour chercher à démontrer que décidément, « le-ventre-de-la-bête-est-toujours-fécond ». L’OJIM se propose de revenir à froid sur cet évènement intellectuel et politique, après avoir collationné une partie des articles, éditoriaux et reportages que la presse y a consacrés. Un mouvement à trois temps : Avant Béziers ; pendant Béziers ; après Béziers.

I – Avant Béziers

Les papiers ne furent guère nombreux, en vertu d’une inoxydable loi d’airain journalistique selon laquelle la non-évocation d’un évènement à venir suffit à ne jamais le faire exister.

On pourra néanmoins butiner çà et là, paragraphes, strophes et stances qui demeureront en bonne place dans l’anthologie des souverains poncifs. Ainsi du Huffington Post (27 mai) plantant un décor horrifique en annonçant « la convocation de ce colloque iconoclaste, réunissant des associatifs, des intellectuels et des politiques issus de la droite souverainiste ou ultra-catholique, venus de la Manif pour tous ou des réseaux qui colportent les théories racialistes du « grand remplacement » ou de la « remigration » ». Pour le site mondialiste, la preuve que ce rassemblement surfe sur les vaguelettes de l’infréquentable est qu’il est « co-organisé avec le site d’extrême droite Boulevard Voltaire, fondé par Robert Ménard, et par le magazine ultra-conservateur Valeurs Actuelles ». On notera les adjectifs d’emblée disqualifiants d’« extrême droite » et d’« ultra-conservateur » (en vertu de postulats sémantiques propres aux discours intimidants) lesquels, conjugués avec les mots « ultra-catholique » et « racialiste », font, de manière subliminale, accroire au lecteur peu renseigné que se tenait dans cette cité du midi, une réplique doucement foldingue des Nuits de Nuremberg avec les adorateurs d’un IIIe Reich new-look. A cette enseigne quelque peu baroque, RTL (25 mai) était effectivement fondé à dire que « Robert Ménard ose tout », renvoyant inconsciemment le lecteur à une célèbre référence audiardesque qui n’était, en l’occurrence, guère à l’avantage du maire de Béziers.

Bref, les jeux étaient faits et les dés uniment jetés, dans un baltringue médiatique où la démonologie le disputait sévèrement à la mauvaise foi. Metronews (26 mai) écrit, par exemple, que « le casting de Robert Ménard sent la poudre » (une « odeur de soufre » suggère même son intertitre). Explosive, donc, cette réunion d’« éditorialistes, intellectuels et autres pamphlétaires de la droite « dure », celle qui se montre très à cheval sur les mœurs et souvent ultralibérale sur l’économie ». « Pamphlet » fait automatiquement penser à Céline ou Rebatet – et l’on voit planer aussitôt, l’ombre glaçante de Je suis partout – quand la « droite dure » sous-entendrait un film du cinéma bis, du genre Ilsa la louve SS et « ultralibéral sur l’économie » renvoie sans hésitation à l’affreux Donald Trump.

Une reductio ad hitlerum semblablement menée par Le Monde (27 mai) qui, à l’occasion d’un « portrait » d’Emmanuelle Duverger, Mme Robert Ménard à la ville et animatrice du site Boulevard Voltaire, écrit que « huit ans plus tôt, en 2003, Emmanuelle Duverger et son époux avaient commis un premier ouvrage, La Censure des bien-pensants (Albin Michel), dont les propos se voulaient tout aussi polémiques. Il remettait en question le bien-fondé de la loi Gayssot, loi honnie par une partie de l’extrême droite radicale, qui punit notamment la contestation de l’existence de crimes contre l’humanité ». À lui seul, cet extrait mériterait une dissection exégétique. Nous ne retiendrons que l’association, avec intention de nuire, des mots et expressions « polémique », « bien-fondé de la loi Gayssot » et « extrême droite radicale » qui conduiraient à laisser penser, selon son Olivier Faye qui a remplacé Abel Mestre que la « prétendue » défense de la liberté d’expression servirait de voile d’honorabilité à des suppôts extrémistes. On peut lire plus loin que « d’une certaine manière, les réprouvés et les montrés du doigt attirent le maire de Béziers et son épouse. ». Là encore, le choix des termes connotés participe du procès d’intention d’une volonté de diaboliser des gens taxés de « réprouvés » (on demande Ernst von Salomon et quelques Corps-Francs en goguette) voire carrément mis à l’index (« montrés du doigt »), comme aux temps bénis de la Sainte Inquisition traquant hérétiques et relaps.

II – Pendant Béziers

Tout commença le 27 mai, dans la salle principale du palais des congrès. Devant un public présent en masse, l’écrivain Denis Tillinac ouvrit le bal par une conférence sur les valeurs et l’imaginaire de la droite où la camaraderie et la fidélité constituaient, somme toute, le fil rouge d’une intervention brillante (« vibrante » estimeront même Emmanuel Galliero et Amaury Peyrach dans Le Figaro du 28 mai) mais guère unanime, notre hussard se faisant épingler pour sa proximité avec un Chirac, catalyseur réel ou supposé, de nos maux actuels. Subissant la réprobation d’une vox populi désireuse d’en finir avec le « ventrisme mou » qu’elle prête, à tort ou à raison, à la droite « bien comme il faut », le pauvre Tillinac sera littéralement écharpé par un Maurice Szafran dans les colonnes de Challenges (30 mai). « Denis Tillinac, jadis chiraquien donc par définition modéré et humaniste, poursuit les mêmes objectifs que Kerdrel, mais avec une radicalité droitière, une violence dans le vocabulaire, une vulgarité de pensée et d’expressions que nous ne lui connaissions pas. Après avoir dénoncé la « mélasse combinarde de la classe politique » (dénonciation traditionnelle de l’extrême-droite anti démocratique), l’écrivain corrézien s’est laissé aller davantage encore en appelant à une politique en faveur des « sédentaires enracinés ». Cela fait bien longtemps que la présidente du Front National s’interdit toute sortie xénophobe de cet acabit ». Tillinac, habillé pour trois hivers, au moins, devient l’icône d’une « extrême droite » crypto-fasciste.

L’édito de Szafran mériterait d’être cité in extenso. Rien à sauver de ce symposium d’« une droite non pas décomplexée mais sans inhibition aucune qui s’est exprimée en terre sudiste. Une droite extrême et identitaire qui se réunit autour d’une détestation commune, violente, désormais sans limite, celle des immigrés et, en particulier, des immigrés de religion musulmane. A cet égard rapporter les propos tenus à Béziers provoque des hauts le cœur ». À noter la proximité, dans la même phrase, de la terre « sudiste » avec « droite identitaire et extrême » nourrissant une « détestation commune violente, désormais sans limite, des immigrés ». En chaussant ses jumelles, on apercevrait, chevauchant à l’horizon, les régiments immaculés du Ku Klux Klan traînant un immigré à même le sol. Ce qui est excessif est insignifiant, dit-on, à la suite de Talleyrand. Pas pour certains journalistes. « Les deux journées de Béziers se sont en réalité résumées à un meeting de haine anti-immigrés », dont « les paroles et la musique de l’extrême droite raciste et xénophobe » sont insupportables. La conclusion est sans appel : « pourtant il ne fait guère de doute qu’après cet affligeant week-end de délires idéologiques et xénophobes, Nicolas Sarkozy et l’aile la plus droitière de LR ne peuvent envisager aucune alliance d’aucune sorte avec cette droite identitaire et dangereuse ». Et la mansuétude va jusqu’à tenter d’absoudre Denis Tillinac et Yves de Kerdrel qui se sont fourvoyés « avec des tarés de l’espèce de Renaud Camus. Ils se sont égarés, au moins. Il serait temps qu’ils reviennent dans ce « cercle de la raison » qu’ils dénigrent ». La messe est dite. Si l’on devait résumer le propos aigre-amer de Maurice Szafran, on retiendrait que ce week-end fut tout aussi laxatif que vomitif, où les fumées idéologiques les plus nauséabondes ont été rejetées dans un ciel assombri par les vols funestes d’aliénés au-dessus de nids de coucous non moins infréquentables (« tarés », « qu’ils reviennent dans ce « cercle de la raison » », autant de marqueurs sémantiques signifiant la psychiatrisation de l’adversaire).

Nous ne reviendrons pas sur les manchettes et encadrés du Midi Libre notamment dans son édition du 28 mai (voir également notre papier du 30 mai) sauf à signaler l’incontournable brochette expertocratique, invitée pour l’occasion à jouer les mouches du coche et à prodiguer son avis forcément éclairé. C’est ainsi que les illustres inconnues maison, l’une, chercheuse au CEPEL (?) de Montpellier et « maîtresse » (sic) de conférences, l’autre, « professeure (re-sic) de littérature à Stanford, spécialiste du FN » (??), délivrent leur docte ordonnance : « pour la chercheuse, Ménard recycle de vieilles idées d’extrême droite », quand « la professeure » affirme que « Ménard veut se poser en leader d’une force alternative ». Finalement, rien d’original ou de fulgurant, sauf à étayer sous un angle pseudo scientifique le propos journalistique rédigé à charge.

Pour le reste, l’ensemble de la presse retiendra, en substance, le coup d’éclat de Marion Maréchal Le Pen qui aura précipitamment « claqué la porte de Béziers » (Le Figaro, 28 mai) voire « au nez de Ménard » (Le Midi Libre, 29 mai). Le motif ? L’édile biterrois aurait déclaré devant les caméras de télévisions, que cette rencontre de la droite « hors les murs » dans sa ville ne devait pas servir de « marchepied » à quiconque et notamment pas à la présidente du FN. Sans les citer tous, la plupart des journaux ont repris comme une antienne cette version. Par paresse ou ignorance peu se sont donné la peine de rappeler que Ménard avait prononcé ces mêmes propos dans Valeurs actuelles (26 mai). Mais alors, à quoi ont donc servi ces journées de Béziers ? Ménard répond : « pendant ces trois jours, nous avons élaboré ces marqueurs qui permettent de différencier la vraie droite de la gauche, pour voir qui parmi les candidats pourra les reprendre ». Nicolas Bay de surenchérir dans un entretien accordé à L’Opinon : « il faut dire que les propositions qui ont été faites à Béziers sont compatibles à 70 ou 80% avec celles du FN. La dynamique politique se crée y compris avec des gens avec qui on n’est pas d’accord sur tout. Il peut y avoir une occasion de faire gagner nos idées en 2017 en portant Marine Le Pen à l’Elysée et, dans ce cadre-là, le Front National compte rassembler le plus largement possible au-delà des petites divergences ».

Quoi qu’il en soit, une telle obsession médiatique à vouloir débusquer les dissensions et les différences (réelles, pour certaines) a entrainé un discours journalistique volontairement émollient, discréditant la portée politique de cette rencontre. Dominique Albertini (Libération, 28 mai) soulèvera d’ailleurs, qu’« Yves de Kerdrel, patron du droitier hebdo Valeurs Actuelles, avait raillé une certaine ‘‘extrême extrême droite’’ et son programme économique ‘‘sectaire’’».

III – Après Béziers

Si l’on en croit Le Midi Libre (30 mai), ce rendez-vous des droites à Béziers fut un échec : « la droite dure voulait faire l’union, mais elle a quitté Béziers hier extrêmement divisée, à la fois ignorée par Les Républicains, et surtout brouillée avec le FN, qui se distancie ainsi de l’un de ses rares alliés, Robert Ménard et son mouvement ‘‘Oz ta droite’’. Les organisateurs du ‘‘Rendez-vous de Béziers’’, le sulfureux maire de la ville, le très droitier hebdomadaire Valeurs Actuelles et le site internet Boulevard Voltaire espéraient pourtant en faire ‘‘un moment-clé de recomposition politique’’ ». Et le quotidien de Monsieur Baylet de conclure sur une citation évasive d’une « source interne» : « un ‘‘rendez-vous’’ qui suscitait sur place ce commentaire acrimonieux d’un des acteurs : ‘‘Le degré d’amateurisme de l’extrême droite est juste dingue. Tout est foireux.’’ La République ne s’en plaindra pas ». On notera cette dernière phrase qui sous-entend que ce rassemblement aurait été plus que « border line » au regard des »valeurs républicaines ». Même son de cloche du côté des Echos (29 mai) qui vont jusqu’à parler de « rendez-vous manqué » « entre extrême et droite de la droite ».

Louis Haussalter, de l’hebdomadaire Marianne (29 mai) évoquera la « potion choc » des 51 mesures « soumises » aux votes des congressistes « priés de se prononcer en levant une feuille bleue pour oui, rouge pour non. Sans surprise, le public approuve à une quasi-unanimité – et avec une satisfaction bruyante – la potion choc qu’on lui soumet ». Il est vrai que la dernière matinée du dimanche 29 mai eut des allures de congrès du Parti communiste, du temps où ce parti était encore un parti de masse. Quant à souligner le fait que « la sono lance ensuite le Chant des partisans, hymne de la Résistance… dont quasiment personne ne connaît les paroles ! La Marseillaise aura plus de succès », le procédé relève d’une ironie pharisienne, tant il est certain que l’ignorance du fameux texte du duo Kessel-Druon est quasi-unanime au sein des salles de rédaction. Mais le comble a sans doute été atteint par… Yves de Kerdrel, lui-même, qui, aux dires du Point (2 juin) « a expliqué à l’Agence France-Presse être « mal à l’aise » après le rendez-vous de Béziers (…) estimant avoir été trahi par [Robert Ménard] après un week-end qui a tourné à la création d’un « mouvement ménardiste ». « Notre journal cherche à être indépendant. Je cherche pas (sic) à faire de l’épicerie politicienne », a déclaré Yves de Kerdrel, interrogé par téléphone, se disant « mal à l’aise » alors que son journal a participé au financement de cette réunion de la droite de la droite et de l’extrême droite, qui s’est, selon lui, transformée en « rampe de lancement pour les législatives ou une autre ambition de Ménard ». (…) « Arrivé là-bas, il y a eu des petites choses qui m’ont mis la puce à l’oreille. Il ne s’agissait pas du tout, comme il m’avait été vendu, de créer un think-tank participatif. Les propositions étaient déjà écrites à l’avance (ndlr : des propositions avaient fuité dans la presse dans la semaine). Il s’agissait pas (sic) de réunir l’ensemble des droites. C’était très secondaire pour Ménard par rapport à sa volonté de créer un mouvement ménardiste. Tout était contrôlé, fait en sous-main par Ménard et son équipe », a-t-il déploré. « Pour moi, cette affaire est close et enterrée », mais « ce n’est jamais agréable de se sentir cocufié », a poursuivi M. de Kerdrel ». Un moment d’hypocrisie pour un hebdomadaire ayant à sa tête un libéral mondialiste bon teint flattant le lecteur à l’encolure d’un argumentaire de droite assumée pour d’évidentes raisons commerciales, tout en soutenant en sous-main la candidature déjà émoussée d’un Nicolas Sarkozy ou du candidat LR remplaçant.

L’on ne terminera pas ce concert médiatique du ratage des rencontres biterroises, sans évoquer cette poignée de manifestants venus hurler leur mécontentement devant le palais des congrès aux scansions habituelles du « fascisme-qui-ne-passera-pas ». Selon BFMTV (28 mai) « entre 400 personnes, selon la police, et 600, selon les organisateurs » (sans doute plus près de 200) déclamaient des slogans du type : « nous sommes, nous sommes les fils de Jean Moulin » (né à Béziers, NDLR) ou « Vous n’êtes pas les bienvenus dans notre ville. Fachos, rentrez chez vous! » ». C’était sans compter à nouveau sur l’inénarrable Midi Libre qui dans son édition du 31 mai offre à ses lecteurs un entretien assez surréaliste du sous-préfet de l’arrondissement de Béziers, lequel, de concert avec l’intervieweur, affirme que « l’État ne saurait rester silencieux lorsque des propos aussi non-conformes aux valeurs de la République sont tenus », en référence aux déclarations de l’édile à propos des festivités de Verdun. L’article est d’ailleurs intitulé : « Béziers : le sous-préfet recadre à nouveau Robert Ménard », le reste de l’interview étant servi par des questions complaisantes, le délateur perçant sous l’inquisiteur, du style « dans votre quotidien de sous-préfet, le dossier Béziers – et donc Robert Ménard – représente-t-il une vigilance particulière ? » ou encore « est-ce que le sous-préfet que vous êtes arrive objectivement à traiter un dossier provenant de la mairie de Béziers avec la neutralité nécessaire alors que les attaques du maire envers l’État sont récurrentes ? » A ce niveau de servilité, difficile de ne pas accréditer la réalité d’une connivence entre lune certaine presse et le pouvoir.

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