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Billard à trois bandes entre Copé, Le Point et Le Figaro

Billard à trois bandes entre Copé, Le Point et Le Figaro

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Le Point tire sur Copé, Copé tire sur les médias, Goldnadel tire sur Le Point, Le Point tire sur Le Figaro, Le Figaro tire sur Copé… Étrange billard à trois bandes, ou comment une simple affaire sème la zizanie au sein de la presse de « droite ».

Tout a commencé avec l’édition du Point du jeudi 27 février. L’hebdomadaire y accusait Jean-François Copé, patron de l’UMP, d’avoir favorisé l’agence Bygmallion, dirigée par deux de ses proches, en lui « surfacturant » des contrats « hors appel d’offre ». Dans la foulée, Copé dénonçait « un coup monté de manière absolument ignoble » auquel il décidait de répondre par « la voix des tribunaux ». Il accusait également Franz-Olivier Giesbert, ancien PDG du Point, d’être à l’origine de ces accusations et de vouloir le « détruire ». Continuant sur sa lancée, Jean-François Copé en profitait pour accuser l’ensemble des médias de vouloir sa peau…

Dans une tribune publiée sur le FigaroVox le lundi 3 mars, la nouvelle plate-forme de débat du Figaro.fr, Me Giles-William Goldnadel, avocat de Patrick Buisson, et accessoirement secrétaire national à l’UMP, dénonçait les méthodes du Point. « Les journalistes accusateurs se sont contentés de rapporter des ragots de communicants concurrents qui confirmeraient la « surfacturation » alléguée. Certains émaneraient du PS… », écrivait-il. Et de conclure en signifiant qu’il en voulait « moins aux journalistes du Point, qu’à une partie de la presse qui a embrayé allègrement par suivisme, opportunisme, corporatisme et pourquoi non, sadisme inconscient ».

Le jour-même, Le Point contre-attaquait en publiant un article titré : « L’avocat de Buisson défend Copé dans « Le Figaro » ! » L’hebdomadaire se vantait que ses révélations soient « une inépuisable source d’inspiration pour la presse ». Dénonçant le choix de Me Goldnadel pour traiter ce dossier, Le Point écrivait : « Pour étayer une telle accusation, il fallait choisir un juriste de poids totalement impartial. Parmi les 56 000 avocats exerçant en France (dont 23 000 à Paris), Le Figaro s’est finalement résigné à demander les lumières de Gilles-William Goldnadel, conseil de Patrick Buisson… » Sauf que Le Figaro n’a pas « choisi » Goldnadel, sa tribune étant publiée dans le cadre de ses chroniques hebdomadaires sur le FigaroVox.

Mais le magazine continue sa plaidoirie : « Incroyable, mais vrai ! Un avocat qui, il y a trois semaines, avait annoncé haut et fort (sans joindre pour l’instant le geste à la parole) que son client déposerait plainte contre Le Point à la suite de nos révélations sur ce conseiller de l’ombre de l’ex-président Sarkozy, qui enregistrait les conversations sensibles qu’il a eues avec lui à l’Élysée. Un modèle d’analyse juridique, on s’en doute… »

Un peu plus tôt dans l’après-midi, Étienne Gernelle, le nouveau patron du Point, s’en était déjà pris à son concurrent favori. Interrogé sur Canal+ dans « La Nouvelle Édition » sur les aides de l’État touchée par son hebdomadaire, il faisait aussitôt le parallèle : « Il y a une aide à la poste de 4,6 millions d’euros. On est le journal qui en touche le moins. Le Figaro qui défend beaucoup Jean-François Copé touche le triple. » Invité plus tard à réagir sur les fameuses unes « FOGiennes » sur les francs-maçons, Gernelle rebondissait : « Ça fait très très longtemps qu’on a pas fait ça dans Le Point, c’est le Figaro Magazine qui l’a fait la semaine dernière. »

Connivent avec Copé, Le Figaro ? Dans son dernier éditorial, Yves Thréard a, semble-t-il, voulu démontrer le contraire en critiquant la conférence de presse de Jean-François Copé. Selon lui, le patron de l’UMP a commis une « erreur tactique » en proposant de rendre les comptes des médias transparents, moquant « des mots parfois exagérés et des propositions qui traduisent plus une fébrile improvisation qu’une mûre réflexion ». « Hors de tout réflexe corporatiste, quelle entreprise privée peut accepter qu’on aille fouiller dans ses options stratégiques, ses choix comptables ? », a interrogé le directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Et de conclure : « On a connu le président de l’UMP plus libéral, et plus soucieux de la défense de la liberté d’expression… »

Une critique suffisante pour puremedias.com qui titre ce mardi : « « Le Figaro » prend ses distances avec Jean-François Copé ». La boucle est bouclée ?

Lire notre portrait d’Yves Thréard, un réac’ dans son genre

Crédit photo : ghislainmary et janlauterbacher via Flickr (cc)

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